Burkina Faso : Du soleil pour de l’eau potable

vendredi 20 novembre 2015
par  Sémablegné

Appel au Gouvernement Burkinabè pour la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques–COP 21 prévue à Paris du 30 Novembre au 11 Décembre 2015

L’universalisation de l’accès à l’eau potable se fera grâce aux énergies renouvelables ou ne se fera pas. D’abord parce que la période qui s’ouvre programme le déclin des énergies fossiles au profit des énergies vertes. Ensuite, et surtout, parce que disposer d’énergie « gratuite » en fonctionnement est la clé de la gestion équilibrée (viabilité et accessibilité financière) de services d’eau potable universels, durables et équitables. JPEG - 49.2 ko La fourniture d’eau potable aux 12 millions de Burkinabè qui vivront en milieu semi-urbain d’ici 2030 (soit un Burkinabè sur deux) peut s’effectuer à un tarif inférieur de moitié avec l’énergie solaire par rapport à l’énergie fossile (thermique). Ce tarif serait durable et équitable : les Burkinabès paieraient le même prix qu’en milieu urbain et les opérateurs de service dégageraient un bénéfice justifié par les risques d’exploitation (taux de marge ou bénéfice/chiffre d’affaires de 15%). Avec l’énergie thermique, fixer des tarifs équitables impliquerait des pertes pour les opérateurs supérieures à 100 milliards FCFA en 15 ans. Avec l’énergie thermique, il faut maintenir les tarifs actuels appliqués dans les zones semi-urbaines, unanimement jugés inéquitables, pour universaliser l’accès à l’eau. L’accès universel et équitable à l’eau potable est donc conditionné par une politique de développement des services d’eau potable axée sur l’adoption d’énergies renouvelables (notamment l’énergie solaire). Cette politique a un coût : elle suppose d’investir 330 milliards FCFA en 15 ans alors qu’un recours persistant au thermique (énergie fossile) se suffit de 133 milliards FCFA d’investissement sur la période. L’universalisation d’un accès équitable et durable à l’eau potable entraine un supplément d’investissement de 17 000 FCFA par Burkinabè. Qui oserait dire que c’est trop ? Est-il réellement plus facile, dans un contexte marqué par des préoccupations environnementales grandissantes et une aide au développement qui s’essouffle, de mobiliser 133 milliards FCFA pour délivrer une eau chère et inaccessible à tous plutôt que 330 milliards FCFA pour une eau accessible à tous ?

Pour en savoir plus : http://lefaso.net/spip.php?article68079


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