Burkina Faso : L’eau et l’assainissement enfin reconnus comme droits dans la constitution : IRC s’en réjouit et interpelle

lundi 9 novembre 2015
par  Sémablegné

Burkina Faso : L’eau et l’assainissement enfin reconnus comme droits dans la constitution : IRC s’en réjouit et interpelle

L’eau et l’assainissement enfin reconnus comme des droits humains fondamentaux par la Constitution du Burkina Faso. Que proposent les candidats aux élections politiques pour la mise en œuvre ? Le jeudi 5 novembre 2015, les députés du Conseil national de la transition (CNT) ont voté un amendement à la Constitution du Burkina Faso qui introduit le droit d’accès à l’eau et l’assainissement. L’article 18 (de la Constitution) dispose désormais que : « L’éducation, l’eau potable et l’assainissement, l’instruction, la formation, la sécurité sociale, le logement, l’énergie, le sport, les loisirs, la santé, la protection de la maternité et de l’enfance, l’assistance aux personnes âgées, aux personnes vivant avec un handicap et aux cas sociaux, la création artistique et scientifique, constituent des droits sociaux et culturels reconnus par la présente Constitution qui vise à les promouvoir. ». Cet acte des autorités de la transition rend justice au secteur de l’eau qui a longtemps souffert d’une faible importance politique malgré d’une part, le caractère essentiel et incontournable de l’eau et de l’assainissement pour la réalisation de tous les autres droits humains fondamentaux et, d’autre part, la place primordiale de l’eau dans les besoins prioritaires des populations burkinabè.

En ces temps où les candidats politiques soumettent leurs programmes de développement à l’appréciation des électeurs, il nous semble opportun de rappeler à l’opinion nationale les principaux enjeux liés à la réalisation des droits humains à l’eau et à l’assainissement au Burkina Faso.

L’EAU, PRIORITE DES POPULATIONS, POURTANT NEGLIGEE DES GOUVERNANTS

L’accès à l’eau potable et à l’assainissement est une priorité pour les burkinabè (Enquêtes Afrobaromètre). Mais au cours des 15 dernières années, le secteur de l’eau n’a pas été la priorité des autorités politiques du Burkina Faso. Les allocations budgétaires sont faibles (à peine 2%, loin derrière la santé 13 % et l’éducation 16%). Les investissements dans le secteur sont essentiellement à la charge des partenaires extérieurs (85%). Les performances du secteur sont critiques. En dépit d’un taux d’accès officiel de 64% à l’eau potable en milieu rural, la qualité des services fournis aux populations rurales demeure inacceptable. Par exemple, un point d’eau au village est dit fonctionnel au cours d’une année tant que la durée de la panne est inférieure à 12 mois. Un examen critique d’IRC dans quelques localités (statistiquement identifiées) indique qu’à peine 1% de la population rurale a effectivement accès à des services d’eau potable conformes aux normes nationales en vigueur. Les performances du service public d’eau potable au Burkina Faso mettent en lumière un problème d’équité sociale pour les usagers urbains (25% de la population nationale desservie par l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) et les usagers du reste du pays (75% de la population nationale). L’eau potable en milieu rural est chère alors que la majorité des usagers ruraux sont pauvres (1m3 d’eau à Ouagadougou coûte 275 FCFA pourtant à Gorgadji, à 500 FCFA). Pis, les populations rurales se voient charger de l’exploitation et de la gestion des équipements, sous le prétexte de la responsabilisation des communautés rurales, alors qu’elles ne disposent d’aucune expertise en la matière. L’équité aurait alors voulu que ce soit les usagers dans les grandes villes comme Ouaga qui gèrent eux-mêmes leur service d’eau potable. Mais compte-tenu du poids politique des usagers urbains, l’État burkinabè assure le service d’eau potable dans les villes par le biais d’une société nationale (l’ONEA) disposant de hautes compétences techniques et managériales et dont le professionnalisme et les performances font la fierté du pays au niveau international.

Pour en saoir plus :http://lefaso.net/spip.php?article67906


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