Protection de l’environnement : Amadé Ouédraogo, chercheur " autodidacte " propose une solution innovante

lundi 10 août 2015
par  Rosine

Protection de l’environnement : Amadé Ouédraogo, chercheur " autodidacte " propose une solution innovante

Un parcours impressionnant pour un " autodidacte ", qui s’impose de plus en plus dans le domaine de la recherche, de l’invention et de l’innovation. Amoureux de l’environnement depuis la tendre enfance, il tenait à le protéger, à le préserver et pour lui, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Depuis douze ans, il fabrique des briquettes de bois de chauffe à partir des résidus des amandes de karité, de jatropha, des balles de riz, etc. Il se nomme Amadé Ouédraogo, innovateur, inventeur en outils technologiques adaptés dans le domaine de la préservation de l’environnement en zone sahélienne. Commerçant de téléphones portables et de consommables numériques, nous l’avons rencontré dans sa boutique au grande marché de Bobo-Dioulasso.

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Au Burkina Faso, Amadé Ouédraogo est une référence dans le domaine de la transformation des produits forestiers non ligneux en combustible à pouvoir calorifique. Innovateur Technologique Indépendant, il est le lauréat du 1er prix du Président du Faso à la 10éme édition du Forum de la Recherche Scientifique et des Innovations Technologique (F.R.S.I.T) en 2012. Grand amoureux de l’environnement, il a pu réaliser son rêve : celui de proposer des solutions pour sa protection. Une solution qu’il a matérialisée par la transformation des produits non ligneux en combustible à pouvoir calorifique. Il n’a pas franchi la classe de la 3e, mais il « compose » aujourd’hui avec des chercheurs confirmés de l’Agence Nationale de la Valorisation des Résultats de la Recherche (ANVRR), du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), de l’Institut régional des sciences appliquées et technologiques (IRSAT), du ministère de la recherche scientifique et de l’innovation (MRSI). Le réseau scientifique, est certes beaucoup plus large, dit-il, mais pour Amadé Ouédraogo, peut être aussi chercheur d’une manière ou d’une autre, celui qui cherche des solutions aux problèmes d’une société. Il dit en être l’exemple, lui qui a été reconnu officiellement par la communauté scientifique qui a composé le jury du FRSIT en octobre 2012.

« Mon cursus scolaire s’est achevé en classe de 4e », confie M. Ouédraogo qui se souvient encore de sa passion pour la nature. « Lorsque, raconte-t-il, j’étais encore enfant, je traversais la clairière pour aller à l’école. J’admirais beaucoup la nature et je disais qu’il fallait absolument des solutions adéquates pour la protéger, la préserver ». Il dit avoir compris que la richesse du pays reposait sur notre environnement et de préciser que : " Toutes les Nations tirent leur richesse à partir de la compréhension de leur cadre de vie ». Je ne crois pas en la pauvreté… Amadé Ouédraogo est de ces personnes qui ne s’apitoient jamais sur leur sort. Quel sort ? Se demande-t-il d’ailleurs ? C’est pourquoi il refuse toute idée de pauvreté tant professionnellement que socialement. « Je ne crois pas en la pauvreté. C’est nous qui créons la pauvreté en établissant des restrictions dans notre esprit. Si l’on travaille les méninges, on peut toujours trouver des solutions à nos problèmes de développement », laisse-t-il entendre. « Pourquoi et comment trouver des solutions scientifiques à la préservation de notre environnement ? », c’est la question principale que s’était posée l’inventeur et innovateur autodidacte. Il y trouvera des réponses en 2000 avec un projet sur la fabrication des briquettes de bois de chauffe. Face aux changements climatiques qui avancent à grand pas, Amadé a proposé une solution aux promoteurs exerçant dans le domaine du charbon de bois et du bois de chauffe. Les briquettes ne sont certes pas une invention, puisqu’elles étaient déjà sur le marché, mais elles avaient beaucoup d’insuffisances. Elles se consumaient rapidement, s’effritaient et produisaient de la fumée. Il fallait donc apporter une amélioration. Pour y arriver, l’inventeur autodidacte a utilisé les résidus des amandes de karité, du fruit de jatropha, des balles de riz, etc.

Une vraie solution pour le développement

Les briquettes, informe l’inventeur, peuvent être utilisées par les boulangers, les dolotières, les restaurateurs, les ménages et même les unités industrielles. Pour les ménages, elles seront très bénéfiques. Par exemple, dit-il, « Une famille de 6 personnes dépense sans doute 400 FCFA par jour dans le bois de chauffe alors qu’avec 150 F, elle peut utiliser les briquettes pour toute la journée ». Une vraie solution à la préservation de l’environnement.

Une société de la place –Bobo-Dioulasso - est très intéressée par ces briquettes. Elle souhaite qu’Amadé mette en place une technologie pour sa consommation personnelle mais aussi pour les ménages. Le propriétaire de ladite société entend mettre au point des unités centrales à vapeur et de remplacer le fuel par les briquettes qui ont un pouvoir calorifique plus élevé et coûtent moins cher que le fuel. C’est un projet qui permettra de produire de l’électricité qui sera injectée sur le réseau national. En effet, précise-t-il à cet effet : « Notre nouvelle forme de briquettes combustibles contribue à la satisfaction des besoins d’énergie thermique de toutes les unités industrielles, semi-industrielles, artisanales et domestiques. L’entreprise voudrait bien rester dans l’anonymat d’abord, puisque c’est un projet en cours d’étude ».

Quelles relations avec les " vrais " chercheurs ?

Amadé est fier de lui. Fier également de ses résultats qui vont aujourd’hui au-delà des frontières du Burkina. « Je suis entouré de bailleurs qui me comprennent, qui m’aident. J’ai aussi reçu des distinctions. J’ai commencé sur fonds propres mais aujourd’hui je suis beaucoup soutenu par des fonds », fait-il noter. Et de renchérir « nous avons mis au point un nouveau liant biologique (liant Atn au Brevet numéros 1201200442 /OAPI/Cameroun), qui nous a permis de fabriquer de nouvelles formes de briquettes combustibles écologiques, à partir des résidus issus de l’agro-industrie ou de l’agriculture ». Ces briquettes, poursuit-il, seront écoulées par les opérateurs économiques qui auront « des bons d’affaires » sous la licence de notre brevet, autour d’un contrat de Transfert de la technologie. Il confie garder de bonnes relations avec les chercheurs confirmés dont certains lui font recours dans la prise de décisions, ou dans les orientations de recherche. Parti de rien pour être une référence dans un domaine plutôt technique, Amadé ne croit qu’en la détermination, la volonté, lorsqu’on veut réaliser un rêve. Il a invité pour ce faire les jeunes à être curieux, à croire en eux quel que soit le métier qu’ils exercent. A travers ses résultats enregistrés après de durs labeurs, il dit être aujourd’hui sollicité partout en Afrique, au Mali, au Niger et au Congo entre autres. « Cela me réjouit énormément de savoir que quelque part, des gens sont comblés et des problèmes sont résolus avec mes résultats », dit-il avec fierté. A la question de savoir comment il arrive à concilier son activité de commerce et la recherche, Amadé dira : « Nous puisons les ressources financières de nos recherches autour de notre activité de commerce de portables. Et j’ai bien planifié mon temps, qui me permet de vivre heureux dans tous les domaines d’activités que je ressens le désir de réaliser ».

Bassératou KINDO

Source : www.Lefaso.net



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