récupération des sols : le ‘’zaï’’ plus que jamais !

jeudi 26 février 2015
par  Rosine, Sémablegné

récupération des sols : le ‘’zaï’’ plus que jamais !

La recherche de la sécurité alimentaire demeure une préoccupation constante pour les populations du Burkina Faso. Dans cette partie du continent africain, l’agriculture est essentiellement pluviale et tributaire des aléas climatiques et des conditions pédologiques très souvent défavorables.

Gérer les ressources naturelles de manière rationnelle pour assurer une production durable, reste le défi des producteurs de certaines localités du pays.

Ainsi, une des voies choisies par les paysans dans la région du Yatenga a été de "réveiller" une ancienne technique utilisée lors des périodes de sécheresse dans la localité qu’est la technique du ‘’zaï’’. Le ‘’zaï’’ est défini comme une technique de réhabilitation des terres dégradées. Etymologiquement, le mot ‘’zaï’’ vient de "zaïbo’’ en langue locale mooré qui signifie généralement, se dépêcher de faire quelque chose, prendre de l’avance. Appliqué au domaine agricole, il prend le sens d’anticiper sur la saison agricole en ce sens que l’on creuse les trous pendant la période sèche, on met le fumier juste avant l’arrivée des premières pluies et on sème lorsqu’une pluie suffisante arrive.

Le ‘’zaï’’ est donc une technique culturale propre au Burkina Faso notamment utilisée par les populations du Nord. En effet, dans cette zone, les sols sont arides et la pluviométrie est faible. C’est pourquoi les paysans ont inventé la technique du ‘’zaï’’ pour améliorer les rendements agricoles. De quoi s’agit-il exactement ?

Il s’agit de petits trous creusés en ligne dans son champ, en respectant une distance d’environ dix cm entre les trous. Le diamètre du trou est entre 10 à 20 cm. En fait, l’on creuse en ayant à l’esprit la forme d’une calebasse comme pour recueillir de l’eau. Ensuite, les paysans y mettent du fumier ou du compost et rajoutent un peu de terre pour éviter que le vent l’emporte, mais aussi pour enrichir le sol. Les ‘’zaï’’ sont creusés généralement à partir du mois d’avril (une période pendant laquelle il fait très chaud) pour attendre les premières pluies de mi-mai, ou juin. En général, l’on peut commencer la semence dès la première pluie. Le ‘’zaï’’ permet donc de recueillir et de garder les eaux de pluie pendant une longue période, car elles s’évaporent moins vite. Un autre avantage en utilisant cette méthode, c’est que l’humus que l’on ajoute à la terre contribue aussi à créer des poches d’eau dans le sol.

Faire du ‘’zaï’’ nécessite beaucoup d’efforts parce qu’il faut passer des heures à creuser les trous. Cependant, lorsque le ‘’zaï’’ est fait, le cultivateur a abattu presque la moitié de son travail parce qu’il n’a besoin de désherber son champ qu’une seule fois au lieu de trois comme c’est le cas habituellement. Toute chose qui lui laisse du temps pour vaquer à d’autres activités.

Lorsqu’il est bien fait, la saison qui suit devient moins fatigante. Le ‘’zaï’’ permet d’ailleurs de multiplier la production à quatre ou cinq en comparaison avec un sol où la technique n’est pas utilisée. Souvent, l’on peut y ajouter les cordons pierreux pour lutter contre l’érosion. Le succès de la technique est tel qu’elle a été récupérée et vulga risée par les agronomes. Elle s’est exportée dans des pays voisins comme le Mali et le Niger. Certains pays de l’Afrique de l’Est sont même en train de l’adopter.

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