Sites touristiques culturels : la revalorisation du secteur peut améliorer la rentabilité

mardi 11 novembre 2014
par  Jean Kafando, Rosine

Sites touristiques culturels : la revalorisation du secteur peut améliorer la rentabilité

Le Burkina Faso regorge de potentialités touristiques parmi lesquelles, le tourisme culturel. Le concept vise la découverte des lieux pittoresques qu’offre la nature, mais également des monuments historiques et archéologiques chargés de mystères. Constat d’un secteur d’activité qui draîne un flux de visiteurs nationaux et internationaux et à même de contribuer à l’économie du pays.

La notion de site touristique fait penser au patrimoine culturel d’un Etat. Environ 330 sites ont été répertoriés par l’Office national du tourisme burkinabè (ONTB) dans 43 provinces et classés comme suit : les naturels englobant les éléments du domaine hydrique et constitués de chutes d’eau, de sources tels les lacs (de Dem, de Higa et de Oursi) dans le Sahel, du Bam à Kongoussi, de Tengrela, ainsi que les Cascades de Karfiguéla dans la Comoé, les sources de la Guinguette et de Dafra à Bobo-Dioulasso, les mares aux crocodiles sacrés de Sabou et de Bazoulé dans le Boulkiemdé et dans le Kadiogo... Les sites relevant du lithique sont constitués de falaises, de rochers, de grottes et de pics... Comme les grottes de Réo, les falaises de Banfora, celles du Gobnangou à Logobou dans la Tapoa, le pic du Nahouri à Pô, les collines du Pilimpikou dans le Passoré, le mont Ténakourou et les dômes de Fabédougou dans la Léraba. Les sites relevant du domaine de la flore et de la faune regroupent les bois, les bosquets, les parces nationaux et les réserves fauniques.

Dans ce cas précis, l’on peut citer notamment, les forêts classées des Balé près de Boromo, celle de Biisgha dans le Plateau central, les parcs du W à cheval entre le Burkina Faso, le Niger et le Bénin, d’Arly et de Pama dans l’Est du pays. Ces parcs et réserves occupent environ 481 hectares de forêts où on y rencontre des éléphants, des lions, divers cervidés et autres petits herbivores sauvages. La zone de l’Est dispose de plus de 3000 hectares de plans d’eau pour la pêche et le barrage de la Kompienga en est un exemple illustratif.

Quant aux sites historiques et archéologiques, ils présentent dans leur ensemble, les monuments, les édifices coloniaux et religieux, les musées... Dans cette catégorie, l’on distingue le musée de Manéga dans le Plateau central, le vieux quartier Dioulassobâ et sa légendaire mosquée, les Mausolées de Guimbi Ouattara et de Tiéfo Amoro, la gare ferrovière de Bobo-Dioulasso avec son style architectural soudanais dans la région des Hauts-Bassins, etc. La carte touristique du Burkina Faso est subdivisée en quatre grandes zones, à savoir : l’Est, l’Ouest, le Centre et le Sahel. La zone de l’Est est réputée pour le tourisme cynégétique (art de la chasse) et de vision par excellence. Elle permet aux visiteurs de vivre des sensations inoubliables de la vie en milieu naturel, tout en observant les espèces fauniques. La zone de l’Ouest avec une végétation luxouriante émerveille par sa nature et son climat doux, ses superbes chutes d’eau (Cascades de Banfora), les pics de Sindou et le mont Ténakourou... Cette partie du Burkina Faso offre un tourisme de villégiature avec une riche culture imprégnée de traditions séculaires et de rites ancestraux. Elle intègre respectivement les régions des Cascades, la Boucle du Mouhoun, et le Sud-Ouest.

Apperçu sur les sites de la provinces du Poni

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Une excursion dans le Sud-Ouest permet d’aller à la découverte du musée des civilisations de Gaoua, deuxième après le musée national, en termes de collection d’objets. Cet édifice colonial date des années 1900 et renferme plus de 1600 pièces et photos symboles de la culture des Lobi, des Gan et d’autres ethnies de la localité. Selon le responsable et conservateur, Tiodinté Désiré Somé, l’histoire de ce musée est étroitement liée au personnage de Mlle Madeleine Père, une ethnologue française qui s’était intégrée au milieu lobi. Il a collaboré avec elle pour réaliser cette importante collection d’objets entreposés à l’intérieur de la bâtisse. A écouter les explications de M. Somé, l’on se rend compte que l’exposition se situe à trous niveaux à savoir, la vie de la femme dans la société lobi, celle de l’homme et au troisième niveau, les cultes. Cette disposition a permis de mettre en évidence les vestiges, les témoignages et les pratiques coutumières. Toujours selon le conservateur du musée, la société lobi dans son ensemble est régie par un système bilinéaire matriarcale où la femme occupe une place sociale importante parce que l’économie repose sur elle. La femme lobi intervient dans le commerce des produits de l’artisanat (vannerie, poterie...) dans l’orpaillage et la vente des produits vivriers (mil, maïs, riz...). "Considérée comme noyau da la famille, elle transmet son nom aux enfants sans distinction de sexe", a affirmé M. Somé. Les fétiches, les pratiques divinatoires et les rites coutumiers sont matérialisés à travers cette exposition. Le musée des civilisations lobi occupe les locaux de l’ancienne résidence coloniale. Pour le directeur régional de la culture et du tourisme du Sud-Ouest, Célestin Traoré, ce musée accueille annuellement beaucoup de visiteurs de plusieurs nationalités en provenance des cinq continents. Il a cependant déploré l’état de vétusté du bâtiement dont la toiture laisse infiltrer les eaux de pluies et constitue une menace pour les différentes pièces et objets collectionnés. Pour lui, l’état de dégradation est très avancé et si rien n’est fait pour restaurer le bâtiment ou construire de nouvelles infrastructures, le musée va perdre sa renommée, au plan touristique. En matière de données statistiques, le DRCT du Sud-Ouest a indiqué que le ministère de tutelle travaille à mettre en place un système d’informations fiables avec la formation des agents et des guides. En termes d’entrée, M. Traoré a déclaré que la date comprise entre janvier et juin 2014, le musée a enregistré 96 visiteurs nationaux, 340 expatriés, 424 étudiants et élèves dont 860 au total pour un chiffre d’affaire de 732 mille francs CFA. Selon lui, depuis le début de la crise au Nord-Mali liée au problème d’insécurité dans la sous-région, les tendances sont en baisse par rapport aux années d’avant-crise pendant lesquelles le musée des civilisations de Gaoua était beaucoup fréquenté.

Les ruines de Loropéni et le sanctuaire des rois gan

Situées à 45 kilomètres de Gaoua sur l’axe reliant cette localité à Banfora, elles représentent des murs d’environ 5 mètres de haut. Selon le guide du site, Alexis Diourbel, ces murs datent de 1000 ans et ont été réalisés par les premiers occupants à partir du 11è siècle qui s’adonnaient à des activités de Hauts-fourneaux. A son avis, ces peuplements étaient venus des pays voisins à savoir la Côte D’Ivoire et le Ghana. Les ruines ont servi à délimiter une ancienne enceinte défensive construite en pierres insérées de mœllons de latérite soudés avec de la bouse de vache, de l’argile et du sable. Découvert en 1902, le site continue de défier le temps malgré lérosion. Pour le nombre de visiteurs, le guide a déclaré ne pas disposer de données exactes, mais compte-tenu de la situation au Nord-Mali, les chiffres ont considérablement baissé. Cependant, le site reçoit en moyenne 500 à 700 visiteurs de tout âge, et de toutes nationalités y compris les élèves et étudiants. Pour M. Diourbel, les périodes de pointe sont les vacances et les congés d’Hiver pour certains expatriés qui viennent s’acclimater. L’affluence va de la mi-juillet à février de l’année suivante et les tarifs ont été fixés à 500 F CFA pour les nationaux et 1500 pour les visiteurs étrangers. Inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, les Ruines de Loropéni renferment encore beaucoup de mystères. Non loin de ce site archéologique et plus précisément dans le village de Obiré à 7 kilomètres de cette même localité de Loropéni, se trouve le sanctuaire mythique des rois gans regroupant 15 tombeaux surmontés de l’effigie de chacun et d’un bâtiment de protection construit en terre et incrusté de blocs latéritiques impressionnants de par son caractère sacré et sa valeur plastique. L’histoire de chaque roi vous est conté sans détours avec ses qualités et ses défauts, sa bonté ou sa méchanceté.

Laongo, véritable musée à ciel ouvert

Le site de sculpture sur granit de Laongo est situé à une trentaine de kilomètres à l’Est de Ouagadougou, et plus précisément dans la région du Plateau central, à quatre kilomètres de Ziniaré. A la faveur du premier Symposium de sculpture sur granit ouvert le 13 janvier 1989 et qui a regroupé 18 artistes-sculpteurs de 13 pays venus d’Asie, d’Amérique, d’Europe et d’Afrique, ces plasticiens y ont travaillé et laissé sur les blocs de granité, des œuvres empreintes d’originalité. Selon le directeur régional de l’ONTB du Centre avec compétence sur le site de Laongo, Théophile Nagnamzaga Nacoulma, conservateur de musée, le site a enregistré 14249 visiteurs en 2013. Il a indiqué également que ces tendances sont en baisse par rapport aux années antérieures. Le public étant segmenté en deux catégories à savoir les adultes et celle des élèves et étudiants. Pour cette même année, ce sont au total 4615 adultes et 9634 enfants, élèves et étudiants qui ont visité le site. Il a en outre précisé qu’en janvier 2013, Laongo n’a pas connu une grande affluence avec un chiffre de 561 visiteurs. Cette situation est liée à la crise au Nord-Mali, toujours selon lui. M. Nacoulma a également précisé que le plus gros lot de visiteurs est constitué d’élèves et étudiants. En termes de chiffres d’affaires pour l’année 2014, ils sont de 871 mille cinq cent francs CFA pour les entrées de janvier, 1 million 221 mille francs CFA pour février, 1 million 888 mille cinq cent francs pour le mois de mars, 50400 F CFA pour Avril, 747 mille cinq cent francs pour mai et 1 million 73 mille cinq cent pour juin. Ces quelques données chiffrées sont à titre indicatif au niveau de l’ONTB, beaucoup de sites parmi les 330 ne disposant pas jusque- là de cadres adéquats pour leur gestion de même que des statistiques fiables. Malgré quelques insuffisances organisationnelles dans le secteur liées au manque d’infrastructures d’accueil et d’hébergement sur ces différents sites répertoriés par l’ONTB, des projets de valorisation et d’aménagement doivent être entrepris sur l’ensemble des quatre zones touristiques du Burkina Faso. Le tourisme constituant une des trois premières sources de recettes d’exportation pour près de la moitié des Pays les moins avancés (PMA), il demeure un secteur prioritaire pour la poursuite de leur intégration dans l’économie mondiale.

Privat OUEDRAOGO Sources : documents ONTB

www.sidwaya.bf



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Le premier stage en EDD a lieu du 26 au 30mars 2012 à Ouagadougou.