Le Burkina Faso dans le monde de la chasse}

vendredi 20 juin 2014
par  Rosine, Sémablegné

Le Burkina Faso dans le monde de la chasse

Le Burkina Faso, premier pays africain, invité d’honneur, a participé du 13 au 15 juin 2014, au 33e Salon international de chasse et du tourisme de Chambord en France appelé Game Fair 2014. Le pays y a exposé les différentes facettes de ses potentialités fauniques mais aussi ses idées dont le projet de création d’une Fondation pour la sauvegarde de l’environnement et la lutte contre le braconnage.

La chasse et le tourisme burkinabè gagnent des galons. Le pays vient de montrer à la face du monde ses richesses, son savoir-faire en matière de faune. Il a été le tout-premier pays africain, invité d’honneur, au prestigieux Salon international de chasse et du tourisme de Chambord (à 178 km de Paris), créé il y a 33 ans.

Conduite par le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Salif Ouédraogo, la délégation burkinabè a déposé ses valises dans son quartier général, appelé le « village du Burkina Faso ». Situé à l’entrée du Salon, il est constitué de 26 stands dont un stand-vitrine où sont exposés des trophées de chasse. Décoré aux couleurs nationales, le QG des « Hommes intègres » a fait l’objet d’attraction des festivaliers. Il n’est pas passé inaperçu dans cette foire de 400 exposants avec plus de 74 000 visiteurs.

Pendant les trois jours, l’animation a été assurée par le Ballet national et les chasseurs traditionnels dozos, sous l’administration de Mme Béatrice Bado de l’Office national du tourisme burkinabè (ONTB).

Certains festivaliers ont essayé des tirs avec les fusils traditionnels dozos. Parmi ceux-ci, un s’est blessé au bras. Il a refusé de suivre les consignes des dozos. Les spécialistes traditionnels de la chasse ont voulu diminuer le dosage avant qu’il ne s’exerce au tir. Celui-ci, a rétorqué en leur disant qu’il a tiré avec des fusils beaucoup plus puissants que ces fusils moyenâgeux. Ils l’ont laissé faire mais en l’obligeant à tenir le cross au sol et non à l’épaule. « Il a regretté de ne nous avoir pas écouté », a ironisé le président de l’Union nationale des dozos du Burkina Faso, Ali Konaté.

D’autres ont aussi essayé des pas de danse au rythme de djembé. Et beaucoup, à l’instar du champion du monde de judo, Douillet David, ont été émerveillés par les richesses culturelles du pays invité d’honneur. Pour lui, la chasse n’est pas seulement un acte de l’homme vers la bête, mais c’est un tout qui implique l’accueil, des gens généreux et amoureux de leur territoire. « Quand on est arrivé au stand de la zone écotouristique et de tourisme cynégétique de la présidence du Faso, on nous a donné l’eau de l’étranger. Devant les stands burkinabè, on ressent l’amour, le bon accueil, le partage et la convivialité », a apprécié le sportif.

Une reconnaissance internationale

Des concessionnaires, des guides venus des différentes zones de chasse, des acteurs publics des secteurs de l’environnement, du tourisme et de l’artisanat ont tous fait la promotion de la destination Burkina Faso. Chaque jour, le ministre Salif Ouédraogo ou ses collaborateurs accompagnés de l’ambassadeur du Burkina en France, Eric Tiaré, faisaient le tour des stands pour encourager les exposants burkinabè. Car pour le ministre, c’est la première fois, en 33 ans d’existence, que le continent africain est à l’honneur à travers le « pays des Hommes intègres » à Chambord. C’est donc une grande reconnaissance des potentialités fauniques du pays et il faut tenir le pari.

« Le Burkina Faso a été désigné pays à l’honneur pour le Game Fair 2014 parce que considéré comme la plus grande destination de chasse en Afrique de l’Ouest et pour sa stabilité politique et la facilité de développement des affaires. On est fier d’accueillir ce pays et nous avons eu raison de le choisir », a précisé Sophie Casasnovas, membre de l’organisation du Salon. La participation du Burkina Faso à ce 33ème Salon international de Chambord a été, selon les différents acteurs, un succès. La « chasse » a été fructueuse, disent les concessionnaires. Les concessionnaires de chasse et les artisans ont fait de bonnes affaires. La plupart d’entre eux ont leurs carnets d’adresse bien remplis pour la prochaine campagne de chasse qui s’ouvrira du 1er décembre 2014 au 31 mai 2015. Oumarou Idani, concessionnaire de Kondio Safari dans l’Est du Burkina, n’a pas regretté de prendre deux stands jumelés. Une quarantaine de chasseurs professionnels se sont inscrits dans son planning pour la prochaine saison de chasse. « Nous avons reçu beaucoup d’avance et de confirmation pour la prochaine chasse », s’est-il réjoui. Un autre habitué de Chambord, le président du Royaume des trophées, Franck Alain Kaboré, par ailleurs président de l’Association ouest-africaine de la chasse sportive, est tout simplement content que le Burkina Faso ait pu participer à l’organisation de ce Salon, en tant que pays à l’honneur. Lui et ses collègues ont fait des efforts pour que cette distinction n’échappe pas au Burkina parce qu’il y avait de grands pays qui convoitaient la place. Comment cela s’est-il passé ? « C’est dans les affaires que l’on voit les affaires », a-t-il expliqué. « L’image de marque du pays va rayonner. Pour les retombées, attendez dans deux ans. Toutes les chasses vont se retourner vers le Burkina. J’ai suivi une conversation de gens qui veulent venir faire des tenues de chasse sur place au Burkina. Cela va créer de l’emploi et beaucoup d’opportunités. Les tours opérateurs ont vu les potentialités exposées au Salon, ils vont travailler avec notre pays. Les ONG viendront travailler pour la conservation de la nature. Prenons un petit temps et vous verrez l’impact », a confié Franck Alain Kaboré, vieux chasseur et concessionnaire de Ougarou dans l’Est et de Singou dans le Sud-Ouest. « Beaucoup de participants à ce salon se sont rendu compte que le Burkina Faso est un pays à fortes potentialités fauniques où la chasse sportive est possible. Les festivaliers ont beaucoup apprécié notre pays. Il ne reste qu’à tirer leçon de cette participation et de progresser », a renchéri le ministre Salif Ouédraogo. Pour cela, les acteurs publics et privés doivent être plus professionnels pour préserver les acquis engrangés à Chambord afin de booster la chasse touristique.

Une fondation envisagée

En mémoire et selon le directeur de la Faune et des chasses, Pierre Kafando, chaque année, plus de 600 chasseurs touristes séjournent dans les concessions de chasse burkinabè. Et les effets profitent à la nation entière, notamment aux populations riveraines des zones cynégétiques. 3 à 4 milliards FCFA de recettes dont plus de 300 millions pour le budget de l’Etat par an. Des recettes qui pourront être revues à la hausse avec la révision, en perspective, des textes sur la tarification, les anciens textes datant de plus de 20 ans.

Pour que la chasse sportive puisse mieux contribuer au développement, il faut également gagner la bataille contre le braconnage. En la matière, le Burkina a sa petite idée qu’il a partagée avec ses partenaires de Game Fair. Il s’agit de la création d’une Fondation pour l’environnement et la lutte contre le braconnage. Le pays ayant des limites en termes de personnes- ressources et de matériel, le ministre a demandé le soutien de l’Europe afin de pouvoir mettre en place cette fondation.

L’idée fait son chemin et plusieurs personnes sont intéressées et entendent apporter leur contribution. Et les échanges vont se poursuivre avec l’ambassadeur du Burkina en France qui a été présent tout au long du salon. L’un dans l’autre, une fenêtre est ouverte pour le Burkina Faso et le pays devrait travailler pour se positionner comme pays-phare en Afrique de l’Ouest en matière de tourisme cynégétique.

Source : www.sidwaya.bf

Boureima SANGA

bsanga2003@yahoo.fr De retour de Chambord/France


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