Réduire l’émission des gaz à effet de serre par la protection des forêts

vendredi 2 mai 2014
par  Rosine

Changements climatiques

Réduire l’émission des gaz à effet de serre par la protection des forêts

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Le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) a organisé les 25 et 26 avril 2014 à Ouagadougou, un atelier international sur le rôle des forêts dans le processus de réduction des émissions dues à la déforestation. La rencontre qui a réuni les experts venus de 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, a permis aux participants de partager les expériences en matière d’adaptation et d’atténuation.

Le phénomène du changement climatique a, depuis longtemps, été interprété comme étant la conséquence des activités industrielles notamment à travers les gaz qu’elles émettent. De ce fait, la 14e Conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) tenue en 2008 à Poznan en Pologne, a reconnu la Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD+) comme une composante critique des stratégies d’atténuation du changement climatique.

Dans le but de permettre aux acteurs de partager leurs expériences et connaissances sur la REDD+, le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR) a réuni à Ouagadougou des experts de 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique au cours d’un atelier. « La REDD+ est un mécanisme qui est en négociation dans le cadre du climat au niveau international pour réduire les émissions des gaz à effet de serre, à la déforestation et à la dégradation des forêts. C’est pourquoi nous avons voulu permettre aux acteurs du processus d’échanger sur les initiatives qu’ils mènent sur cette thématique mais également sur le rôle des forêts dans l’adaptation et l’atténuation du changement climatique », a expliqué le coordonateur régional de l’Afrique de l’Ouest du CIFOR Mathurin Zida. Aussi, l’activité s’inscrit dans le cadre d’une étude comparative mondiale sur le REDD+ que sa structure a entreprise en 2009 afin d’analyser la première génération des activités de démonstration et de préparation. Les résultats de cette étude montrent qu’il existe, au début, une implication effective et une grande motivation des différents acteurs. « S’en suit une période-de-lutte-de-pouvoir durant laquelle les conflits et les contestations deviennent dominants », révèle l’étude. Pour le cas spécifique du Burkina Faso, le mécanisme de suivi et d’évaluation, les reformes politiques spécifiques liées à la REDD+ ne sont pas encore formellement définies. Toutefois, le pays a mis en place un montage organisationnel avec des fonctions de pilotage, d’exécution et de concertation. Pour M. Zida, l’atelier de Ouagadougou offre une opportunité à toutes les parties prenantes de la REDD+ de réfléchir sur les synergies d’action possibles et les compromis nécessaires entre l’atténuation et l’adaptation.

20% d’émissions dues à la coupe du bois

Au cours des travaux, deux tables rondes ont permis aux participants de partager les connaissances d’une part sur le statut de la REDD+, les principales opportunités et les principaux défis. D’autre part, il s’est agi d’exposer sur les expériences des synergies d’adaptation qui visent à diminuer le volume de gaz émis suite à une déforestation et d’atténuation. Au Burkina Faso, seul pays sahélien engagé dans le processus, le CIFOR a mis en œuvre en 2011 un projet dénommé « Forêt et adaptation aux changements climatiques en Afrique de l’Ouest ». « C’est un projet qui vise à contribuer et à promouvoir l’adaptation basée sur les écosystèmes forestiers dans les politiques et programmes de développement », a précisé Mathurin Zida. Il a souligné que le projet cherche aussi à évaluer le potentiel de carbonne dans les différents types d’utilisation des terres comme les parcs agroforestiers, les plantations et les réserves. « Ce sont des éléments qui vont nous permettre de pouvoir mettre en œuvre le mécanisme REDD+ pour mesurer la quantité de carbone séquestré dans le sol », a-t-il ajouté. Le professeur Edouard Bonkoungou, spécialiste de l’agroforesterie a confié que la coupe de bois rejette d’énormes quantités de carbone évaluées à 20% des émissions annuelles des gaz à effet de serre. C’est pourquoi, a-t-il martelé, « nous nous appuyons sur la contribution que ces forêts peuvent apporter à la réduction des émissions ». Après deux jours de travaux, les organisateurs et les participants se sont dit satisfaits des résultats obtenus. « Je pense que nous pouvons affirmer, au vue de la participation soutenue, que les objectifs ont été atteints en termes de vivacité des échanges et nous sommes ravis d’avoir permis cela », a avoué le coordonateur régional du CIFOR. Le professeur Bonkoungou a indiqué que le niveau des échanges a été très riche parce qu’il y a eu une diversité d’acteurs qui ont des compétences dans les différents domaines conceptuels.

Joseph HARO sidwaya.bf



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