38% du charbon produit au Burkina échappe à tout contrôle

mardi 21 janvier 2014
par  Rosine

38% du charbon produit au Burkina échappe à tout contrôle

La consommation de combustible provenant de la biomasse comprend le bois de feu, le charbon de bois et les résidus de récolte. Au Burkina Faso, la biomasse en général demeure la principale source d’énergie domestique des populations urbaines et rurales.

En 2002, le bois-énergie formait avec le charbon de bois près de 97% de la consommation énergétique des ménages. Depuis quelques années, on constate un développement tout azimut de la production du charbon de bois dans plusieurs régions du pays, encouragée par la délivrance d’agréments dont la surveillance échappe très souvent, aux services compétents de l’Etat. En raison des commodités offertes par son utilisation et des changements d’habitudes culinaires, le charbon de bois est de plus en plus consommé par les ménages, particulièrement dans les grands centres urbains du pays. Dans le cas spécifique de la ville de Ouagadougou, la satisfaction des besoins en énergie a nécessité d’élargir l’approvisionnement à des zones éloignées de plus de 100 kilomètres de la ville (Sissili, Ziro, Boucle du Mouhoun, Boulgou, Kouritenga).

Pour cette ville, la demande en charbon de bois est en croissance exponentielle (SP/CONEDD, 2010a). Selon les projections, la demande de bois-énergie au cours des vingt prochaines années ira croissante. Quatre raisons majeures soutiennent cette hypothèse. Premièrement les coûts de substitution du bois-énergie par d’autres sources d’énergie. Les produits alternatifs apparaissent hors de portée de la majeure partie de la population compte tenu de leurs coûts.

Deuxièmement, la hausse des prix du pétrole qui limite davantage les opportunités de substitution par des énergies modernes. Troisièmement, la lenteur des transitions énergétiques (quinze à vingt ans) et quatrièmement, les pesanteurs socioculturelles. Selon les prévisions de la Stratégie nationale de la filière bois-énergie à l’horizon 2015, les besoins urbains en bois-énergie seront multipliés par 1,7 (les besoins urbains en bois de feu augmentent cinq fois plus que les besoins ruraux). En effet, la part de la demande urbaine va passer de 24% à 34% de la demande nationale de bois- énergie et la part du charbon de bois atteindra 18% de la consommation nationale de bois-énergie en raison de la croissance de la demande urbaine. Les estimations de consommation de charbon de bois sont variables d’une source à l’autre, la Stratégie nationale de la filière bois-énergie évaluait la consommation urbaine en 2004 à 149.400 tonnes. La ressource en bois constitue un potentiel important en tant que principale source d’énergie aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. Une analyse du bilan et de l’évolution de la consommation de bois de feu entre 1992 et 2002 met en évidence un déficit qui ne fait que s’accroître : le disponible ne couvrait plus que 61% des besoins en 2002, avec un déficit estimé à 2,6 millions de m3 (PNUD, 2009). Ce bilan montre que certains besoins ne sont peut-être pas couverts, mais surtout que les prélèvements de bois de feu se font au-delà des potentialités des milieux forestiers et semi-naturels.

Un approvisionnement durable en bois-énergie au plan national à l’horizon 2015 supposerait l’aménagement d’une superficie de 3 millions d’hectares, ce qui est irréaliste compte tenu d’une capacité annuelle d’aménagement estimée à 120.000 ha.

Outre le fait que cette activité soit l’une des causes de la surexploitation des ressources forestières, elle est non seulement pratiquée dans des conditions peu respectueuses de la protection de l’environnement, mais échappe très souvent au contrôle. Des investigations menées en 2004 dans la région de l’Est (l’une des plus grande zone de production de charbon) par la Direction des aménagements forestiers, ont en effet révélé une production annuelle estimée à environ 15 200 tonnes mais dont seulement 9 400 tonnes étaient officiellement enregistrées par les services forestiers (SP/CONEDD, 2010a). La production qui échappe à tout contrôle ou suivi, est estimée à 38%.

Raphaël KAFANDO Source : Troisième rapport sur l’Etat de l’Environnement au Burkina Faso/SP CONEDD 2010



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