Perceptions paysannes des indicateurs pluviométriques dans un contexte climatique en mutation dans le sahel Burkinabé

mardi 3 décembre 2013
par  Sémablegné

Perceptions paysannes des indicateurs pluviométriques dans un contexte climatique en mutation dans le sahel Burkinabé

A l’instar des autres pays sahéliens, le Burkina Faso subit les conséquences des bouleversements climatiques enregistrés ces dernières années que l’on a qualifiés de "changement climatique." Pour Chastanet (2002), l’une des contraintes du climat sahélien réside dans la grande variabilité de l’apport en eau, en termes de quantité et de répartition dans l’espace et dans le temps. Cette irrégularité, conjuguée avec d’autres facteurs écologiques et socioéconomiques, s’est traduite sur la longue durée par l’alternance de bonnes et mauvaises années agricoles.

Au Burkina, la pluviométrie moyenne annuelle y a connu une baisse sensible avec un déplacement latitudinal des isohyètes moyennes vers le Sud (environ 100 km) en l’espace de quatre normales (entre 1931 à 2000). Il s’en suit donc une raréfaction des ressources en eau suite à ces longues années de sécheresse (les années 70 et 80). Le défi pour le Sahel burkinabè, c’est de pouvoir assurer entre autres l’alimentation en eau potable des populations, promouvoir les cultures irriguées afin d’accroître la production agricole de contre saison, augmenter la production animale et halieutique, développer une agriculture pluviale mieux adaptée aux conditions climatiques actuelles (Yanogo, 2012). L’objectif de la présente étude est de décrire la vision des populations sur les irrégularités pluviométriques qui orientent la qualité de leurs saisons agricoles et les stratégies qu’ils mettent en place.

1. Perception locales des irrégularités pluviométriques par les producteurs

Les investigations menées sur un échantillon 322 ménages dans le bassin versant de Yakouta donnent les résultats suivants : 319 ménages (99,1%) estiment que le climat de façon générale est en régression ; 211 ménages (65,5%) pensent qu’il pleut de moins en moins. La figure n°1 représente schématiquement la vision communautaire de l’évolution des saisons dans le temps dans le bassin versant de Yakouta. Figure n°1 : Graphique indicatif de la vision des producteurs de la durée de la campagne agricole (les dates approximatives des débuts et fins des saisons de pluie) De cette figure, les conclusions suivantes peuvent être tirées : un décalage de nos jours, aussi bien pour le début que pour la fin de la saison des pluies existe par rapport au temps passé ; en considérant les piques du graphique comme le consensus de points de vue des appréciations populaires, la saison pluvieuse débuterait en fin avril à début mai avant, contre mi-juin actuellement. Quant à la fin des pluies, elle était estimée à la fin du mois d’octobre à début novembre contre fin septembre à début octobre de nos jours ; la saison pluvieuse évoluait sur six mois (de mai à octobre) avant contre quatre mois (juin à septembre) de nos jours ; il y a un début tardif de la saison pluvieuse (mi-juin) et un arrêt précoce (septembre). Elle était donc plus longue qu’actuellement. On assiste ainsi à une diminution progressive de la période hivernale, 76,4% l’ont déclarée et insisté sur les perturbations (perturbation du calendrier qu’elle engendre. Pour 61,5% d’entre eux, la saison a connu une restriction de l’ordre de trente à quarante cinq jours depuis les cinquante dernières années ; la période de forte intensité de pluviométrie qui était connue par les producteurs entre juillet et août (pour 91%) a évolué de nos jours avec 81,1% qui affirment qu’elle a basculé vers les mois de juillet et septembre. De façon unanime, 99% des populations ont affirmé que la rosée est de moins en moins présente dans leur terroir. Elle n’arrive plus à jouer son rôle d’accompagnement des plantes en périodes de stress hydrique. Elle était en effet source d’humidité observée tous les matins et foulée par le berger qui accompagne son troupeau au pâturage. Les populations reconnaissent à 99,1% qu’il y a une péjoration du climat de façon générale. 98,1% soit 316 chefs de ménages affirment que de nos jours le cumul pluviométrique est en régression. 211 ménages (soit 65,5%) pensent qu’il pleut de moins en moins et les pluies ont diminué en quantité. 219 (68%) affirment que l’évaporation persiste au maximum au cours de la saison froide sèche. Ces résultats corroborent avec ceux de Ouédraogo et al. (2012), qui ont trouvé que environ 86% des populations estiment que les précipitations ont connu une baisse dans la zone sahélienne du Burkina. En outre, ils sont en adéquation avec les analyses faites avec les relevés météorologiques de la période 1961-2010.

Source : www.lefaso.net



Documents joints

Pluviométie au Sahel
Pluviométie au Sahel

Agenda

<<

2017

 

<<

Octobre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2526272829301
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
303112345
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Annonces

Premier stage

Le premier stage en EDD a lieu du 26 au 30mars 2012 à Ouagadougou.