Courriers électroniques, recherche web, impressions, clés USB... Quels impacts sur l’environnement ?

jeudi 19 septembre 2013
par  Rosine

Un nouveau rapport réalisé par l’ADEME évalue l’impact écologique de quelques pratiques courantes liées aux nouvelles technologies : envoi de mails, impressions papier, recherches sur le web. Résultat : la dématérialisation a aussi un impact sur l’environnement.

Selon le rapport "Impacts of Information and Communication Technologies on EnergyEfficiency", réalisé par BIOIS (spécialiste des études et du conseil dans le domaine de l’information environnement et santé sur les produits) pour la Commission européenne en 2008, les Technologies de l’Information et de la Communication (ou TIC) contribuaient en 2005 à hauteur de 2% aux émissions européennes de gaz à effet de serre. Cette contribution pourrait atteindre jusqu’à 4% à l’horizon 2020.

Aujourd’hui, les TIC font parties intégrantes de nos vies professionnelles et personnelles. "Ces nouvelles pratiques ont un potentiel de développement important, et leur impact environnemental devient aujourd’hui un enjeu capital" souligne l’ADEME qui a effectué des analyses de cycle de vie sur trois pratiques courantes des TIC : le courrier électronique, la recherche sur Internet et l’utilisation de clé USB.

Le courrier électronique

En moyenne, 247 milliards de courriers électroniques ont été envoyés par jour dans le monde en 2009 en prenant en compte les spams. Un chiffre de 507 milliards est prévu pour 2013 !

Les scénarios de l’étude de l’ADEME ont montré que chaque collaborateur d’une entreprise française de 100 personnes reçoit en moyenne 58 emails et en envoie en moyenne 33 par jour, avec une taille moyenne d’environ 1 Mo. Ces envois de courriers électroniques entraînent des émissions de gaz à effet de serre puisqu’ils nécessitent des serveurs informatiques, des réseaux et de l’électricité. Sur la base de 220 jours ouvrés par an, ces dernières représentent 13,6 tonnes équivalent CO2.

De plus, diminuer de 10 % la proportion d’envoi de courriels de 10 Mo au sein d’une entreprise de 100 personnes permettrait un gain de 8 tonnes équivalent CO2 sur un an (équivalent à 8 allers-retours New-York/Paris).

Plusieurs facteurs déterminent l’empreinte carbone des emails : temps de lecture à l’écran, impressions papiers éventuelles, temps de stockage des mails sur serveur informatique, nombre de destinataires, poids des pièces jointes au mail... Le meilleur mail, d’un point de vue écologique, est donc un mail qui comporte peu ou pas de pièces jointes, envoyé à peu de destinataires, qui ne sera pas imprimé et qui sera rapidement détruit. A ce titre, rappelons que les mails entre collègues, ne sont pas toujours indispensables, tout comme les coups de fil : on peut très bien se déplacer pour aller discuter de vive voix : un bénéfice pour l’environnement et notre santé.

L’impression de documents

Au niveau de l’impression, selon l’étude de l’ADEME, diminuer de seulement 10% le nombre d’impression des courriers électroniques reçus par les employés d’une entreprise de 100 personnes permet d’économiser 5 tonnes équivalent CO2 sur un an (soit l’équivalent d’environ 5 allers-retours New-York/Paris). De plus, régler son imprimante par défaut en mode noir et blanc, brouillon, recto/verso, 2 pages par face permet de diviser par 3 les émissions de gaz à effet de serre. En effet, le potentiel de changement climatique est fortement affecté par l’impression du document. N’oubliez pas que vous pouvez également imprimer sur le verso de feuilles déjà imprimées ! Requête sur le Web

Il est estimé qu’un internaute français effectue en moyenne 2,6 recherches sur Internet par jour, soit 949 recherches par an (365 jours/an). Sur la base de 29 millions d’internautes en France, les émissions de gaz à effet de serre représenteraient 287 600 tonnes équivalent CO2. Pour un internaute individuel, cette recherche d’information sur Internet via un moteur de recherche représenterait 9,9 kg équivalent CO2 par an.

Afin de réduire l’impact écologique d’une recherche sur le web, il faut renseigner des mots précis dans le moteur de recherche afin d’atteindre plus rapidement le site souhaité. N’hésitez pas à utiliser également vos favoris ou à taper directement l’url du site que vous connaissez : ceci permet d’éviter le passage par le moteur de recherche, gourmand en énergie avec ses serveurs. Ces deux usages permettent un gain de 5 kg équivalent CO2 par an, ce qui représente l’économie de 40 km parcourus en voiture.

Enfin, il existe des moteurs de recherche qui utilisent un fond noir pour réduire la consommation électrique(1), mais la lecture peut être plus fatigante pour les yeux.

Faire durer son ordinateur

Plus la durée de vie de l’ordinateur est longue, plus les impacts sur la production et la gestion des déchets sont amortis. Ainsi, en passant de 4 ans à 7 ans d’utilisation, les impacts environnementaux d’une requête Web classique sont réduits d’environ 20 à 35 %.

Selon l’étude de l’ADEME, utiliser un ordinateur plus longtemps évite l’émission de 2,3 kg équivalent CO2 par an. Cette économie représente annuellement -à l’échelle de la France- un total d’émissions de CO2 équivalentes à environ 500 millions de km parcourus en voiture.

Si votre ordinateur n’est utilisé que pour surfer sur Internet et faire de la bureautique, vous pouvez le conserver un certain nombre d’années, en prenant soin de bien le « nettoyer » informatiquement afin qu’il reste toujours aussi véloce. A ce titre, nous vous conseillons d’utiliser régulièrement un logiciel gratuit de référence : ccleaner.

Lecture à l’écran ou impression ?

L’étude s’est basée sur un document de 200 pages. Si le temps de lecture n’excède pas 2 à 3 minutes par page, il apparaît que la lecture à l’écran a moins d’impact sur le potentiel de réchauffement climatique que l’impression. Au-delà, l’impression noir et blanc, recto/verso et 2 pages par feuille devient préférable. Ainsi, contrairement aux idées reçues, une impression réfléchie est plus écologique qu’une lecture à l’écran. Toutefois, ce bénéfice n’est valable que si vous n’oubliez pas de récupérer votre impression à l’imprimante ! Un trop grand nombre d’impressions sont ainsi abandonnées.

Les clés USB

D’une manière générale, la distribution à tout va de clés USB n’est pas une bonne idée du point de vue de l’environnement, car ces supports, souvent abandonnés par la suite, doivent être fabriqués avec des composants électroniques. Il est plus judicieux de partager des documents sur un site Internet dédié au paratage de fichiers, il en existe maintenant de nombreux.

Selon l’étude de l’ADEME, le changement de matériau constitutif de la coque de la clé USB n’est pas l’enjeu prioritaire, puisque les impacts liés à la production de la coque ne représentent qu’environ 2 % des impacts de production de la clé. Les résultats obtenus n’ont pas montré de variation importante d’un matériau à l’autre entre la production d’une clé USB de 128 Mo en PVC/Aluminium, d’une clé USB de 128 Mo en PVC et d’une clé USB de 128 Mo en bambou. Les impacts sur le potentiel de réchauffement climatique, l’épuisement potentiel des métaux et celui des ressources fossiles sont sensiblement identiques.

Synthèse des conseils utiles en matière de TIC

• Faire durer autant que possible la durée de vie des équipements.

• Éviter d’imprimer systématiquement chaque document, quelle que soit sa nature.

• Optimiser ses recherches sur Internet.

• Rationaliser le nombre de destinataires des courriers électroniques.

• Nettoyer régulièrement sa messagerie électronique en supprimant les messages trop anciens.

• A l’achat, choisir de préférence un ordinateur certifié par l’écolabel européen ou Energy Star.

• Être attentif à la fin de vie de son ordinateur, considéré comme un déchet électronique : le dépôt en déchèterie ou le retour en magasin sont deux options possibles.

• Éviter de distribuer systématiquement des clés USB de type publicitaire.

Christophe Magdelaine

Source : notre-planete.info