Campagne de reboisement : les pépiniéristes, acteurs majeurs de l’ombre

vendredi 6 septembre 2013
par  Rosine

Campagne de reboisement

Les pépiniéristes, acteurs majeurs de l’ombre

L’actualité environnementale au Burkina Faso est animée essentiellement par des camps de reboisement. D’où proviennent les plants en question ? Qui sont ceux qui les font germer ? C’est pour tenter de répondre à ces questions que nous nous sommes rendus ce mardi 03 septembre 2013 dans quelques pépinières de la ville de Sya.

Quand vient la saison hivernale, l’on entend partout : campagne agricole, camp de reboisement, ou encore reforestation. En effet, pour pallier les problèmes de la désertification et des changements climatiques, l’Etat burkinabè initiait en 2012, l’opération spéciale « 1 000 plants par ministère et par institution ». Cette opération vise à favoriser l’augmentation du couvert végétal et la conservation de la biodiversité. Une fois la campagne enclenchée, les témoignages des autorités compétentes, des acteurs desdits reboisements sont nombreux. Initiatives louables certes, mais il ne saurait y avoir de reboisements sans l’œuvre des fournisseurs de plantes, ceux-là même qui sèment, marcottent, bouturent, greffent et font croître. On les rencontre aux abords des grandes voies de la ville de Sya : ce sont les pépiniéristes. Eloge Hien est un des nombreux pépiniéristes de Bobo-Dioulasso.

Il nous a révélé qu’il possède plus de 40 variétés de plantes dont les prix varient entre 50 et 500 F CFA. Ses clients proviendraient de la ville de Bobo-Dioulasso et des localités environnantes. Il a, par ailleurs, affirmé que la majorité des plantes qu’il commercialise émanent de ses œuvres, mais certaines seraient importées de la Côte d’Ivoire. Les grandes variétés dont il dispose sont l’eucalyptus, l’anacardier et l’acacia nilotica (gommier rouge). Mais M. Hien dit ne plus avoir de commande parce que les gens, de plus en plus, préfèrent se procurer les grains pour faire eux-mêmes le travail de pépiniériste dans leurs domiciles. Il soutient qu’au cours des années antérieures, des orpailleurs venaient acheter leurs marchandises et allaient les revendre, mais « depuis un certain temps, ces derniers ne viennent plus, parce qu’ils ont eux aussi appris le métier », a-t-il dit.

Ailleurs sur les espaces du jardin central appelé couramment « jardin bâ » (grand jardin, en langue dioula), coincé entre l’Institut français de Bobo et le marigot Houet, dans le quartier Kôkô, Abdoul Ouattara et ses frères produisent plus de 1000 variétés de plantes dont les prix varient entre 50 F CFA et 75 000 F CFA. On y trouve des arbres fruitiers, « des arbres de reboisement », des arbres ombrageux, des plantes ornementales... Les plantes comme le palmier et le cocotier sont importées de la Côte d’Ivoire ou du Togo. Et les clients sont les habitants de la ville de Bobo, les touristes et les voyageurs. Les destinations par excellence de leurs produits seraient la ville de Ouagadougou et le Mali. Des témoignages de ces pépiniéristes, il ressort que la saison hivernale est la période la plus propice pour les bonnes affaires et les plantes les plus demandées sont généralement les plantes de reboisement tel que l’eucalyptus et les « bordures jaunes ». Le temps de germination varie d’une plante à une autre. Les plantes de reboisement comme l’eucalyptus demanderaient environ 5 mois d’entretien avant toute mise en vente, tandis que d’autres nécessiteraient plus d’une année. La saison sèche est considérée comme la période morte, parce qu’il n’y pas de clients et l’entretien des plantes est beaucoup plus difficile. Selon M. Abdoul Ouattara, les pépiniéristes sont confrontés à des problèmes d’eau et d’espace qui ne favorisent pas la sauvegarde des plants. A cela, s’ajoutent le manque de clients et le problème des impôts jugés trop lourds, selon eux. En outre, il existerait une certaine concurrence entre les pépiniéristes et certains agents du service des Eaux et forêts. « Pendant le lancement des camps de reboisement, on nous demande de faire des plants.

On les fait, mais lorsque vient le moment des reboisements, ce sont les agents des Eaux et forêts qui s’adjugent les marchés », a-t-il laissé entendre. Toutefois, les clients reconnaissent l’âpreté du travail et le mérite du combat mené par ces travailleurs. Ces pépinières, selon les clients, contribuent d’une certaine façon, à réduire le problème du chômage au Burkina Faso. Selon Serge Siribié, un client que nous avons rencontré sur les lieux, « le travail des ces pépiniéristes est excellent, ils font un bon boulot parce qu’ils se sacrifient pour réaliser des merveilles ».

En observant la diversité et la richesse de ces pépinières, on peut parier que si ce secteur est valorisé, il pourrait permettre de développer la commune de Bobo-Dioulasso et de stopper la désertification au Burkina Faso. Les pépiniéristes de Bobo sont réunis dans une association dénommée « Faso vert ».

Rachid SAWADOGO Sonia KONTIE

Source : sidwaya.bf


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