Lutter contre la pollution des sols

vendredi 12 juillet 2013
par  Rosine

« On boit l’eau, on respire l’air mais on ne mange pas le sol » : le pédologue autrichien Winfried Blum explique ainsi le désintérêt de l’opinion pour la menace que représente la pollution des sols. Devant l’accroissement de l’érosion, de la toxicité des sols et des nappes phréatiques, devant la salinisation des terres agricoles devenues stériles, rien n’est fait. Ou si peu. La communauté internationale devrait très vite prendre conscience du danger, car l’humanité est en train de détruire la base même de sa survie.

Les médias abreuvent l’opinion d’avertissements face au réchauffement climatique. L’air pollué, les menaces qui pèsent sur les océans : les journalistes s’emploient à démontrer les dangers sur l’environnement du mode de vie régnant dans les pays industrialisés. Occultant une donnée majeure pour l’avenir de la planète : la pollution des sols.

Les dangers qui guettent les sols

La terre produit les aliments présents dans notre assiette. Elle stocke tout ce que nous produisons, le filtre et le transforme. Elle protège l’eau, les matières premières, les substances vivantes et les gaz qui constituent la base de l’activité humaine. Une activité menaçante aujourd’hui pour sa préservation. L’érosion augmente avec la transformation des paysages. Les sites industriels, anciens ou actuels, polluent la nature et occasionnent des fuites, contrôlées ou non, de produits toxiques et de métaux dans le sol. L’agriculture intensive rend les sols stériles à long terme et diffuse nombre d’insecticides et d’engrais chimiques qui atteignent les nappes phréatiques. Aujourd’hui, ce sont 3,5 millions de sites qui risquent d’être contaminés en Europe.

Une pollution aux conséquences nombreuses. La diminution du nombre des matières organiques en est la première et elle provoque une perte inégalée de biodiversité. Avec l’urbanisation, les sols deviennent imperméables et laissent les pluies torentielles se répandre, provoquant inondations et coulées de boue partout dans le monde. Un phénomène accru par l’érosion, entraînant des pertes de terrains de l’ordre de 25 milliards de tonnes chaque année dans le monde. Une menace tout aussi importante : la salinisation des sols, après la surexploitation des ressources hydrauliques. La terre est assechée et devient complètement stérile, voire déserte, sans que rien ne soit fait pour enrayer le phénomène.

Autre exemple : l’épandage de boues issues des stations d’épuration. Elle permet de recycler les déchets urbains tout en fertilisant les sols. Sauf que ces boues contiennent nombre de produits toxiques et de métaux, même si leur nombre est réglementé. Parsemant ainsi dans l’environnement nombre de dangers pour les sols.

Comment nettoyer une terre polluée ?

Face à cela, l’Etat français développe une politique modeste. Et considère uniquement la pollution comme un danger, et non la contamination. S’attaquant donc en priorité, en 2005, aux plus de 3 000 sites pollués en France présentant un risque pour la santé humaine. Situés au Nord Pas-de-Calais, en Lorraine et en Alsace, en Ile de France et dans la vallée du Rhône, il s’agit donc surtout de sites industriels abandonnés ou actifs.

Toute dépollution commence par un diagnostic complet lors duquel le sol est étudié ainsi que les ressources hydrauliques. On établit un historique des activités industrielles sur le site qui permet ensuite de déterminer plusieurs objectifs précis.

De nombreuses techniques existent pour traiter le site. Les traitements biologiques utilisent certains micro-organismes qui se nourrissent des polluants pour les transformer en eau ou en dioxyde de carbone. On y associe parfois le bio-venting, c’est-à-dire l’aspiration des gaz du sol, qui stimule également les micro-organismes. Les scientifiques se servent également des plantes connues pour leurs capacités à fixer les métaux lourds dans leurs racines.

Les traitements chimiques existent. Souvent, des nappes phréatiques entières sont pompées, traitées et rejetées. Mais cette technique coûte cher et dure beaucoup trop longtemps. On se contentera donc souvent de nettoyer la surface de l’eau contenue dans les nappes, qui rassemble la majorité des polluants, ou d’y faire circuler des nettoyants. Seule l’Amérique du Nord a créé une véritable industrie de restauration des sols par l’utilisation d’autres substances chimiques dangereuses mais très efficaces.

15% de terres dégradées sur la planète

L’Union européenne propose en 2006 une stratégie commune de protection des sols : elle réalise que seuls neuf Etats membres ont une législation spécifique en matière de lutte contre la pollution des terres. La directive a reçu un accueil mitigé, sachant que les Etats veulent garder leur souveraineté sur la question de l’aménagement du territoire.

Mais 15% de la superficie émergée de la Terre, plus que les Etats-Unis et le Canada réunis, sont déjà dégradés sans que rien n’ait été fait par la communauté internationale. Combien faudra-t-il donc d’hectares de terres polluées pour qu’elle se rende compte de l’ampleur des dégâts ?


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