Protéger la biodiversité

mercredi 10 juillet 2013
par  Rosine

La réintroduction des espèces

L’une des solutions pour lutter contre la diminution de la biodiversité consiste à réintroduire des espèces animales ou végétales dans leur milieu d’origine. Une entreprise de longue haleine, qui repose sur un changement de mentalité chez les populations locales et une évolution dans la place accordée à la nature...

Aujourd’hui, le rythme de disparition des espèces animales ou végétales est dix à cent fois supérieur à celui qui existerait sans intervention de l’homme, et pourrait encore s’accélérer dans les décennies à venir. C’est pourquoi les initiatives se multiplient afin de préserver la biodiversité des menaces qui pèsent sur elle : création de réserves naturelles, étude du fonctionnement des écosystèmes, etc.

La réintroduction d’espèces sauvages dans leur milieu d’origine fait partie de ces mesures visant à protéger la nature des atteintes portées à son encontre. Celle-ci peut s’effectuer soit à partir d’un biotope où l’espèce s’est maintenue (cas des ours des Pyrénées en provenance de Slovénie), soit à partir d’un lieu de conservation artificiel tel que les jardins zoologiques (cas du lynx ou des vautours en France).

Quelle que soit la méthode suivie, cela suppose que le milieu naturel soit encore à même d’accueillir cette nouvelle population... mais aussi que les habitants des régions concernées acceptent sa présence. Une condition qu’il n’est pas toujours facile d’obtenir, surtout dans le cas d’espèces prédatrices ou susceptibles de causer des dégâts aux cultures (éléphants en Afrique).

Une réussite fragile

Les réintroductions d’espèces ont débuté au tournant des années 1970-1980, parallèlement à l’émergence des problématiques environnementales auprès du grand public. Les premières tentatives étaient souvent l’œuvre de passionnés, et souffraient du manque de repères dans ce domaine.

Ainsi en Lozère, les premiers vautours relâchés vers 1974 n’ont pas survécu longtemps en liberté... Il a donc tout fallu reprendre à zéro, en permettant à une colonie de se former en captivité, tout en sensibilisant patiemment la population locale. Des sites de reproduction seront même marqués à la peinture blanche pour donner aux volatiles l’impression qu’il s’agit de traces laissées par leurs fientes ! Une vingtaine d’années plus tard, les vautours ont prospéré, et leur nombre est estimé à 200 environ, pour une soixantaine relâchés au départ.

Depuis, les réintroductions sont mieux encadrées, et doivent réunir plusieurs conditions avant de bénéficier d’une autorisation administrative (délivrée en France par le Conseil National de Protection de la Nature). Parmi ces exigences figurent notamment :

- une préservation suffisante du milieu d’accueil,

- une évaluation précise des causes de la disparition de l’espèce,

- l’assurance que ces causes ne posent plus problème, ou à défaut qu’il existe des possibilités d’y remédier,

- une sensibilisation préalable des habitants de la zone d’accueil, en particulier les chasseurs.

Près d’une trentaine d’espèces disparues ont ainsi été réintroduites en France depuis les années 1970, avec une réussite variable selon les cas.

Des équilibres à restaurer

Les cas les plus difficiles sont souvent ceux des espèces prédatrices. Non pas tant du fait des dommages qu’elles peuvent causer, mais plutôt à cause des réactions hostiles d’une partie de la population à leur égard. On pense bien sûr aux ours relâchés dans les Pyrénées, dont la réapparition a déclenché les passions des opposants. Mais qui se souvient que le retour du lynx dans les Vosges et le Jura, à l’orée des années 1980, avait provoqué des polémiques analogues ? Aujourd’hui, le félin est mieux accepté, et certains chasseurs participent même à son suivi. L’empoisonnement, accidentel ou provoqué, n’en reste pas moins la deuxième cause de mortalité pour cet animal.

Mais d’autres menaces pèsent sur les espèces réintroduites. Ainsi, le morcellement des milieux naturels contribue à réduire leur territoire avec tout les risques que cela comporte (collisions avec des véhicules...) tout en augmentant les risques de consanguinité. Pour y palier, des « corridors biologiques » sont instaurés afin de relier entre elles les parcelles d’écosystèmes encore intactes et de favoriser de la sorte un plus grand brassage des populations.

On le voit, la réintroduction d’espèces sauvages dans leur milieu d’origine soulève une question plus large, celle de la préservation ou de la restauration dudit milieu. Sans compter le coût de l’opération, qui s’élève souvent à plusieurs millions d’euros par espèce - à nuancer toutefois du fait de son impact économique positif, sur le plan touristique notamment.

Cela suppose également de développer une nouvelle attitude à l’égard de la nature, en acceptant les contraintes qui en découlent. En Italie, par exemple, la présence de loups est mieux acceptée qu’en France, et les éleveurs s’y adaptent en plaçant leurs troupeaux dans des enclos sous la surveillance de chiens de berger... une condition indispensable pour être indemnisé lorsqu’une de leurs bêtes est tuée par un loup.

Bernard Rastoin www.doctissimoenvironnement


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