L’eau doit-elle être gratuite pour tous ?

vendredi 5 juillet 2013
par  Rosine

« L’eau c’est la vie », a-t-on coutume de dire pour signifier à quel point cette ressource est indispensable à l’homme. De la naissance à la mort en passant par son évolution, personne ne peut imaginer son aventure sans eau. Pourtant, l’accès à l’eau n’est pas toujours simple et constitue même un parcours du combattant dans certaines régions.

En outre, les ressources hydriques sont indispensables à la plupart des activités humaines, telles que celles liées à l’agriculture, l’industrie et à l’usage domestique (alimentation en eau potable). Toutefois, il existe dans un nombre croissant de régions, une surexploitation de la ressource, des détournements ou prélèvements d’eau par pompage et pour l’irrigation qui sont tels qu’ils dépassent les seuils autorisant le renouvellement et l’autoépuration.

La gestion de l’eau nécessite donc une coopération inter-régionale et internationale, car pouvant entraîner des tensions entre régions ou Etats voisins dans de nombreuses parties du monde. Heureusement, la communauté internationale commence à prendre conscience de l’importance d’une meilleure gestion des ressources en eau et a pris l’engagement de promouvoir la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) comme l’une des approches prioritaires.

En effet, la pression de la croissance démographique pèse sur cette ressource, d’autant plus qu’en dépit des efforts récents, il subsiste au niveau régional des insuffisances dans la coordination, la gouvernance, la législation et le financement du secteur de l’eau. Les risques liés à l’eau (inondations, sécheresses, conflits, maladies hydriques, etc.) ne sont pas maîtrisés et les potentialités de l’eau de la région Ouest-africaine sont encore sous-exploitées (hydroélectricité, irrigation, écotourisme, etc.). De nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest souffrent d’une grande variabilité pluviométrique que les infrastructures et les capacités de gestion dont ils disposent sont insuffisantes à atténuer. Ce qui entrave leur développement ainsi que leurs efforts de lutte contre la pauvreté. Face à ces constats, il est clair qu’une solution durable passe par une meilleure gouvernance et un financement plus adéquat du secteur de l’eau. L’effort à produire doit être celui de l’ensemble des acteurs c’est-à-dire les villes, les régions, les ONG, les communautés, les entreprises, les banques, etc. Ils doivent accepter de changer, profondément, leurs comportements et approches. Chacun doit redoubler d’effort, notamment en matière de financement, de capacité de gestion des projets et souvent leurs rapports avec la préservation de l’environnement.

Il est aussi nécessaire de recourir à des nouvelles approches et des nouveaux outils économiques et financiers, tels que les paiements pour les services environnementaux, pour permettre d’assurer la correcte protection de la ressource. Pour répondre au besoin de financement de la ressource en eau, le Burkina par exemple a adopté le principe du « préleveur payeur » qui oblige tous ceux qui utilisent l’eau pour des besoins commerciaux ou industriels à payer des taxes.

Le problème c’est comment appliquer ces textes quand on sait qu’il est difficile d’assurer le contrôle des ressources en eau présentes dans le territoire. Voilà pourquoi l’idée de la police de l’eau qui fait son petit bonhomme de chemin est à encourager. Pour garantir le financement durable de la mise en valeur des ressources en eau dans les pays africains, les Etats pourraient diversifier les sources de financement, augmenter les contributions internes et gérer les financements avec transparence et traçabilité. Il faut augmenter, au niveau national, le financement public destiné à la gestion des ressources en eau afin d’élargir les contributions financières nationales pour la mise en valeur des ressources en eau.

Il convient aussi d’établir une base des connaissances sur les mécanismes de financement dans le secteur de l’eau au sein des pays africains. Celle-ci doit être fondée sur la mise en œuvre des principes de l’« utilisateur payeur » et du « pollueur payeur » de la GIRE. Il va falloir également chercher des moyens d’améliorer la collecte, l’archivage et l’analyse des données financières pour les investissements dans le secteur de l’eau et la gestion des ressources en eau. Le rôle des institutions comme l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à travers notamment son Initiative pour la réduction de la pauvreté et la gestion de l’environnement (PREMI) et le Partenariat régional de l’eau pour l’Afrique de l’Ouest (GWP/AO) est très important à ce niveau. En effet, elles permettent d’informer, de sensibiliser puis de plaider pour une concertation entre parties prenantes susceptibles de faciliter des pratiques durables et un partage équitable des bénéfices tirés de l’exploitation des ressources. Enfin, il faut soutenir les pays dans la création d’un environnement favorable au financement des infrastructures hydrauliques par le secteur privé.



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