Note d’information sur la situation des femmes dans les conflits armés.

mardi 14 mai 2013
par  Sémablegné

Note d’information sur la situation des femmes dans les conflits armés

Les femmes sont concernées à plusieurs titres par les conflits armés : elles sont à la fois victimes de violences basées sur le genre, actrices de paix et de reconstruction, combattantes ou membres, volontaires ou non, de forces armées.

Violences envers les femmes dans les conflits armés

Les conflits contemporains touchent particulièrement les populations civiles. Les femmes constituent, parfois de façon massive, des cibles stratégiques, par exemple dans le cas des viols collectifs qui font partie de tactiques de guerre et de purification ethnique. De nombreuses femmes et filles deviennent également des esclaves domestiques et sexuelles de combattants. Ces atteintes aux droits fondamentaux, crimes de guerre et crimes contre l’humanité appellent des politiques spécifiques de protection, de réparation et de réhabilitation. Les violences sexuelles sont essentiellement commises par des hommes envers des femmes et des filles Plus de 70 % sont des victimes civiles de conflits armés sont des femmes et des enfants. Selon les estimations, entre 250 000 et 500 000 femmes tutsies ont subi un viol lors du génocide de 1994 au Rwanda. Environ 50 000 femmes ont été violées pendant la guerre de Bosnie Herzégovine au début des années 90. Environ 400 000 femmes ont été violées en République Démocratique du Congo depuis 2007, dont près de la moitié de mineures. Actuellement le chiffre pourrait être de 1000 par mois, entraînant pour une bonne part des infirmités compte-tenu de l’extrême violence des exactions. 80 % des viols dans le contexte de conflits armés sont collectifs, et majoritairement publics. Entre 300 000 et 500 000 enfants, dont un tiers de filles, sont enrôlés dans des armées, dans une vingtaine de pays. De 1990 à 2000, les filles de moins de 18 ans ont participé aux conflits armés dans au moins 39 pays. Les trois quarts des populations déplacées et en camps de réfugié-es sont des femmes et des enfants. En Colombie, 1,5 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays du fait des conflits en cours, dont 80% de femmes et enfants Sources : ONU, HCR, Unifem, Unicef, Affaire étrangères France, Save the children

Femmes actrices de paix et démocratie

Mais les femmes sont aussi actrices dans toutes les phases des conflits, et en particulier dans les processus de paix, de reconstruction, de démobilisation désarmement, réintégration (DDR), de réforme des systèmes de sécurité (RSS) et dans les politiques de développement. Ces dernières années, le rôle actif d’organisations de femmes dans ces processus (Rwanda, Balkans, Afrique du Sud…) a montré que l’égalité des droits des hommes et des femmes et le renforcement de la participation des femmes à tous les niveaux de responsabilité est un enjeu essentiel pour prévenir les conflits, les résoudre et favoriser une culture de paix. L’égalité des droits et le renforcement de la participation des femmes et des organisations de femmes à tous les niveaux de responsabilité sont à la fois des objectifs et des moyens essentiels pour prévenir les conflits, les résoudre et favoriser une culture de paix. D’autre part, les périodes de reconstruction après des conflits sont l’occasion de réformes des systèmes politiques, judiciaires, électoraux, permettant aux femmes d’accéder à des responsabilités électives et politiques

La prise en compte de l’approche genre

Le « genre » se définit comme une construction sociale, culturelle, organisationnelle, psychologique des représentations et des rôles, qui seront différents selon qu’on est un homme ou une femme. Ces constructions se caractérisent par des inégalités au détriment des femmes. L’analyse selon le genre, tout en promouvant des actions spécifiques de renforcement des femmes (empowerment, autonomisation et prise de responsabilité), consiste à prendre en compte à la fois les femmes et les hommes, dans leur interaction, afin de favoriser une transformation des rapports entre les hommes et les femmes vers plus d’égalité. Ainsi, les situations de post-conflit et la (re)construction de la démocratie et de l’Etat de droit offrent des possibilités importantes pour l’autonomisation des femmes et pour l’égalité. Les conflits armés sont des périodes où les rapports de pouvoir et les stéréotypes sexués s’exacerbent, notamment ceux véhiculés par les medias – l’homme guerrier, agresseur ; la femme victime ou soignante. Mais ces situations instables entraînent aussi des bouleversements sociaux, culturels, économiques, susceptibles d’avoir des impacts nouveaux sur les rapports de genre, à la fois négatifs (augmentation des violences intrafamiliales après les conflits…) et positifs (prise de responsabilité des femmes, participation politique accrue…).

Un exemple : les rôles sociaux des femmes

Parmi les concepts de l’approche de genre figure les différents rôles assumés par les femmes et les hommes. Chaque humain assume un rôle productif (activité génératrice de revenus), un rôle dit reproductif (tâches domestiques, soins aux enfants, alimentation), un rôle communautaire (Activités et contributions bénévoles à la vie sociale et communautaire), un rôle politique (Exercice du pouvoir et de la participation à la prise de décision à tous les niveaux, du niveau familial au niveau public). Mais, en règle générale, les femmes assument la majeure partie du rôle reproductif et sont moins représentées dans les fonctions politiques et de décision. En période de conflit, cette fonction conditionne la survie matérielle de sociétés disloquées, mais devient plus difficile et plus lourde étant donné les problèmes de déplacements, les pénuries, la perte de ressources matérielles et financières… Quand la famille est dispersée et les hommes absents ou disparus, les femmes et filles se voient transférer des responsabilités supplémentaires. Le niveau de scolarisation des fillettes peut diminuer. Du fait de leurs occupations et déplacements spécifiques, les femmes constituent dans certaines régions la majeure partie des victimes de bombardement visant les maisons, les hôpitaux, etc. Les hommes de forces combattantes enlèvent des femmes et filles pour qu’elles assument ces fonctions reproductives. Cette fonction étant stratégique, ils tendent à les garder plus longtemps, ce qui constitue une inégalité de genre dans le processus de démobilisation et réinsertion. La prise en compte du genre dans les processus à l’œuvre en contexte de conflits augmente donc fortement les chances de succès des actions, à condition toutefois que des mesures soient prises pour que, entre la prise d’engagements internationaux et leur mise en pratique, le genre ne « s’évapore » pas, en particulier des budgets et des indicateurs.

Yveline Nicolas

Source : http://www.adequations.org


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