Mauvaise gestion de l’énergie électrique au Burkina Faso

jeudi 2 mai 2013
par  Olivier Kima

Tous s’accordent à dire que l’électricité est un puissant moyen de développement socioéconomique et de lutte contre la pauvreté. C’est pourquoi certains viennent à parler du droit à l’électricité : tous les êtres humains ont le droit d’accéder à la quantité d’énergie qui leur est nécessaire pour vivre décemment. Tout comme le droit à la santé, à l’éducation, à l’eau potable. Au Burkina Faso, la mission de procurer l’électricité aux populations incombe prioritairement à notre société nationale qu’est la SONABEL bien que des opérateurs privés soient annoncés dans le secteur. L’objectif poursuivi par le pays est d’atteindre un taux d’électrification de 65% en 2015. Cet objectif noble, loin du droit de tous à l’accès à l’énergie, sera quand même un pas très important.

En passant par la production hydro-électrique, la production thermique et photovoltaïque, les interconnexions avec la Côte-d’Ivoire, le Ghana et bientôt le Nigeria, ce sont des centaines de milliards de francs que l’Etat consent ; disons le contribuable (ayant accès ou non à l’électricité) qui consent des efforts énormes à travers l’Etat et la SONABEL. Au regard des efforts d’investissements faits, on peut comprendre que chaque watt d’électricité est un bien très précieux.

Malgré tout, force est de constater, qu’au 31 décembre 2009, le taux d’électrification du Burkina Faso était de 25%, dont 70% en milieu urbain et 3% en milieu rural. Les localités couvertes par la SONABEL étaient au nombre de 104 en 2009, correspondant à un taux de couverture de 26%. Selon les données fournies par la SONABEL, le nombre d’abonnés étaient de 362 165 en fin 2010. Il ressort ainsi que près de trois (3) ménages sur quatre (4) au Burkina Faso ne disposaient pas d’électricité. Il est presque probable que l’offre ne couvrira jamais, au grand jamais, la demande à cause des gaspillages souvent conscients, parfois inconscients de cette denrée précieuse et rare.

Pour illustrer ces gaspillages, nous prendrons seulement dans le présent article, le domaine de l’éclairage qui est une application très usuelle de l’électricité. Appuyer sur l’interrupteur et la lumière soit est un geste quotidien le plus usuel de tous les abonnés. Et c’est le domaine le plus simple pour réaliser des économies très substantielles avec la technologie actuelle des Lampes aux diodes électroluminescentes (DIEL en français) ou Light emitting diode (LED en anglais) qui permettent d’économiser plus de 50% à 80% la consommation électrique avec un meilleur confort (meilleur éclairage, plus longue durée de vie). Car l’économie d’énergie est tributaire du duo homme-matériel.

Les ampoules DEL/LED ont capitalisé toutes les leçons tirées des ampoules incandescentes, des fluorescentes et autres fluo compactes, des T5, etc. Il vaut donc mieux opter pour des technologies d’avenir que pour celles en voie de disparition. Les ampoules DEL/LED sont sans aucun produit toxique, ne se chauffent pas, n’ont pas un temps d’amorçage, éclairent mieux, sont incassables et durent au moins 50 000 heures. Dans les villages, nos parents ne paient plus le pétrole mais ont opté pour les lampes et les torches à LED de basse puissance. En ville, on préfère plutôt savourer la qualité des écrans téléviseurs plats à LED et on utilise les spots de plus de 60W, les lampadaires et projecteurs halogènes pour gaspiller l’électricité.

Source autorisée : lefaso.net



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