L’ONU met en garde contre l’avenir incertain des éléphants africains

lundi 18 mars 2013
par  Olivier Kima

Les populations d’éléphants en Afrique continuent à être sous une menace sérieuse en raison de l’augmentation du commerce illégal d’ivoire qui double le nombre d’éléphants tués et triple les quantités d’ivoire saisies, au cours de la dernière décennie. Selon un nouveau rapport de l’ONU intitulé "Elephants in the Dust the African Elephant Crises " (Les éléphants dans la poussière les crises des éléphants africains) l’augmentation des niveaux de braconnage, de même que la perte des habitats, menacent la survie des populations d’éléphants en Afrique centrale ainsi que les populations préalablement protégées en Afrique de l’Ouest, du Sud et de l’Est. Le rapport établi par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), la Convention sur le commerce international des espèces sauvages de faune et de flore menacés d’extinction (CITES), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le réseau de suivi du commerce de la faune et de la vie sauvage (TRAFFIC) indique que le suivi systématique des saisies importantes d’ivoire destinées à l’Asie est révélateur de l’implication des réseaux criminels, qui sont de plus en plus actifs et ancrés dans le trafic de l’ivoire entre l’Afrique et l’Asie.

Au niveau des sites suivis uniquement par le programme de suivi de l’abattage illégal d’éléphants (MIKE), mené par CITES et qui disposent d’environ 40 pour cent de la population totale d’éléphants en Afrique, il est estimé que 17 000 éléphants ont été tués illégalement en 2011. Les données initiales de 2012 montrent que la situation ne s’est pas améliorée cette année. Les chiffres globaux peuvent être cependant beaucoup plus élevés.

La perte croissante de l’habitat en raison de la croissance rapide des populations humaines ainsi que la conversion à grande échelle des terres pour l’agriculture destinée aux marchés internationaux sont des menaces qui représentent un danger important à plus long terme pour la survie de ces espèces sauvages. Achim Steiner, Secrétaire général adjoint des Nations Unies et Directeur Exécutif du PNUE, a déclaré que « CITES doit se ré engager dans la lutte contre le crime sur la faune et la flore sauvage en renouvelant son objectif, sa créativité, son engagement, sa coopération et son énergie, et en impliquant tous les Etats des zones de répartition, les pays de transit et les pays de consommation de produits tels que l’ivoire. »

« L’augmentation de l’abattage d’éléphants en Afrique et la prise illégale d’autres espèces en danger menacent non seulement les populations en danger mais aussi les moyens de subsistance de millions de personnes qui dépendent du tourisme pour gagner leur vie, mais aussi la vie des gardiens et du personnel protégeant la vie sauvage et qui tentent de lutter contre le commerce illégal » a-t-il ajouté.

John Scanlon, Secrétaire général de la CITES, a déclaré : « Ce rapport montre clairement que des ressources humaines et financières adéquates, le partage du savoir-faire, la sensibilisation du public dans les pays consommateurs, et l’application d’une loi forte doivent être mises en place pour enrayer l’augmentation néfaste du braconnage et du commerce illégal. »

Le rapport recommande des mesures fortes, y compris une meilleure application de la loi à travers la chaîne d’approvisionnement illégal de l’ivoire et le renforcement des cadres législatifs nationaux. La formation des agents d’exécution dans l’utilisation du suivi, des réseaux de renseignement et des techniques innovantes, telles que l’analyse légale est urgemment nécessaire. « Une action urgente est nécessaire pour faire face aux défis croissants que rencontrent les éléphants, mais elle se produira seulement avec une volonté adéquate » selon le Dr Holly Dublin, présidente du groupe de spécialistes des éléphants africains de l’UICN. Une meilleure collaboration internationale entre les États de l’aire de répartition, les pays de transit et les marchés de consommation par l’intermédiaire de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, CITES, INTERPOL, l’Organisation mondiale des douanes, la Banque mondiale et d’autres acteurs internationaux est nécessaire pour améliorer l’application des lois sur le terrain et dans le domaine judiciaire afin de dissuader les activités criminelles et combattre le commerce illégal.

Ces efforts incluent la nécessité de lutter contre la corruption, l’identification des syndicats et la réduction de la demande. « Les réseaux criminels organisés tirent profit de la crise du braconnage d’ éléphants en faisant le trafic d’importante quantité d’ ivoire et en opérant avec une relative impunité et avec peu de craintes d’être poursuivis », a déclaré Tom Milliken, expert du commerce de l’ivoire à TRAFFIC.

Les éléphants sont également menacés par la perte croissante de leur habitat avec 29 pour cent de perte au niveau de leur aire de répartition en raison de la croissance rapide de la population humaine et les expansions agricoles. À l’heure actuelle, certains modèles indiquent que ce chiffre pourrait passer à 63% en 2050, ce qui représente une menace supplémentaire pour la survie de l’éléphant à long terme.

Pour en savoir plus : http://www.unep.org/newscentre/Defa...



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