La destruction de la forêt et agrobusiness

mercredi 6 mars 2013
par  Yendilo fimba

Depuis des temps, l’Homme, pour survivre, n’a cessé de faire recours à la nature. Toute chose qui n’est pas sans conséquence pour l’humanité ; en témoignent les sécheresses, les inondations, les changements climatiques… Mesurant l’ampleur du phénomène pour la génération actuelle et celle à venir, si rien n’est fait d’ici- là, nous allons assister inexorablement à la destruction du couvert végétal. Or, sans couvert végétal, plus de vie humaine. Pendant 48 heures de travaux (du 1er au 2 mars 2013), les élus d’un groupe parlementaire du Burkina ont eu à apprécier l’état de dégradation de l’environnement à travers le déboisement massif des terres, à appréhender la problématique de l’approvisionnement de la ville de Ouagadougou en bois de chauffe, à apprécier la participation des populations à la gestion de l’environnement, à analyser la problématique de l’agrobusiness sur la paupérisation paysanne, à s’imprégner de manière générale des difficultés rencontrées et à proposer des perspectives pour une meilleure gestion de l’environnement. La première journée, les députés ont eu droit à deux communications. La première qui a porté sur l’« Aménagement participatif des forêts naturelles dans la région du Centre–Ouest », a été développée par le directeur régional de l’environnement du Centre–Ouest, Sibiri Kaboré. Ce dernier a souligné que les conséquences de la destruction des forêts naturelles sont très perceptibles dans les deux provinces sus-citées. En témoignent ces chiffres : 60 000 hectares de pertes de forêts par an (1980 – 1983) à 360 000 hectares par an (1992 – 2000). 23 des 45 provinces de notre pays, selon le communicateur, sont déficitaires en bois – énergie. Il a souligné que si cette tendance persiste, il n’y aura plus de forêts au Burkina Faso dans les prochaines années. 80% des ménages au Burkina utilisent le bois – de chauffe La cause directe de cette situation est le fait que le bois – énergie, qui constitue la principale source d’énergie représente environ 80% de la consommation énergétique totale du pays. Les provinces du Ziro et la Sissili constituent les principales pourvoyeuses de bois – énergie des ménages de Ouagadougou avec 2 000 camions transporteurs de bois par an. Afin de pallier les conséquences de la coupe abusive, des dispositions réglementaires ont été prises dans ce sens depuis 1935. C’est ainsi qu’en collaboration avec les populations, il a été créé 21 chantiers d’aménagements forestiers dont chaque chantier est estimé à 20 000 hectares. Ce projet, dit-il, fait de la Sissili un modèle au plan national et dans la sous-région en termes de conservation de la nature et de reboisement des espaces forestiers. La seconde thématique qui a porté sur l’agrobusiness au Burkina a été développée par Issouf Nacro, conseiller agricole. Il ressort que chaque année, ce sont entre 30 à 800 agrobusinessmen qui s’installent dans le Ziro où dans la Sissili et occupent entre 50 à 500 hectares. Il note que ces derniers, par inexpérience, mettent en péril ces terrains agricoles. Au deuxième jour, la communication à porté sur le bio- digesteur, animé par le directeur du Programme national de bio-digesteur du Burkina (PNB), Xavier Bambara.

Avec le bio- digesteur, « rien ne se perd, tout se transforme » Le communicateur a montré, avec des chiffres à l’appui, l’importance pour les ménages ruraux et péri–urbains d’utiliser cette technologie. Avec le bio- digesteur, « rien ne se perd, tout se transforme ». Le bio- digesteur, utilisé par un ménage permet au chef de famille d’obtenir du compost qui est utilisé dans les champs, et à la femme d’avoir du biogaz qu’elle utilise pour sa cuisine à travers un mécanisme pratique installé par le PNB. Mais le plus étonnant de la technologie du bio- digesteur est qu’il permet d’avoir de l’électricité qui alimente les foyers et permet aux élèves d’avoir du courant électrique pour leurs études. Il ressort que le bio-digesteur permet d’améliorer les conditions de vie des ménages, de réduire la consommation du bois de chauffe (74 hectares de forêts ont été préservés en 2011), d’améliorer l’hygiène et la santé des ménages, de diminuer la corvée des femmes. Le conférencier s’est réjoui de la demande croissante de cette technologie auprès des ménages (111 en 2010 à 1292 en 2012). Ce projet, d’un cout total de plus de 9 milliards de F CFA, ambitionne construire 10 000 bio-digesteurs d’ici le 31 décembre 2014 (fin du projet) et former 20 000 utilisateurs. Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, les députés de l’UPC ont effectué une visite de terrain dans la zone déboisée de Dianzoé, dans la commune de Sapouy. Là, ils ont pu constater de visu le phénomène de la déforestation. A quelques kilomètres de Léo, le groupe a également constaté une autre aire de dévastation aux fins d’activités d’agro-business. C’est l’installation du bio -digesteur de Juliette Kombasséré, situé à un jet de pierre de la ville de Léo, qui a reçu les députés. Ce bio-digesteur de 6m3 acquis à 393 000 F CFA a permis aux élus de constater de visu l’utilité d’un bio-digesteur pour un ménage moyen. Il faut préciser que le bio-digesteur a une durée de vie de 20 ans et est subventionné par le gouvernement à 50%. A la clôture de leurs travaux, les députés ont recommandé la nécessité d’un effort croissant pour la vulgarisation de sources d’énergie de substitution du bois de chauffe (gaz butane, énergie solaire, biogaz) et la promotion d’une politique efficace de reboisement.

Source : Les éditions le pays


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