Comment comprendre les causes des famines en Afrique et maintenir la dynamique dans l’agriculture.

vendredi 2 novembre 2012
par  Jean Kafando, Yendilo fimba

COMPRENDRE LES CAUSES ET MAINTENIR LA DYNAMIQUE

La situation de l’agriculture en Afrique subsaharienne est souvent considérée comme catastrophique, réclamant des actions immédiates afin que la production alimentaire puisse continuer de répondre aux besoins d’une population de plus en plus nombreuse, d’éviter les famines et de lutter contre la pauvreté. Les performances agricoles du Cameroun, du Ghana et du Mali enregistrées depuis les dix à vingt dernières années contredisent ce morne constat. Depuis le milieu des années 80, les productions vivrières de ces trois pays ont largement pu répondre aux besoins croissants résultant de la croissance démographique et permis d’augmenter significativement les disponibilités alimentaires par habitant. Les exportations de cacao du Ghana ont quadruplé et les exportations de coton du Mali ont triplé. Les production de cacao et de coton du Cameroun ont augmenté, mais il y a eu une chute dans la production de café, autre récolte principale d’exportation du pays. JPEG - 17.2 ko

Une autre difficulté fréquemment évoquée concerne la croissance de la production agricole africaine qui, lorsqu’elle existe, provient essentiellement d’une extension de la superficie cultivée – et non d’une amélioration des rendements ou de gains de productivité des facteurs. Cependant, pour ces trois pays, l’expansion de la production est imputable à la fois à l’amélioration des rendements et à l’accroissement des superficies cultivées. Les performances du secteur agricole se sont améliorées au Cameroun, au Ghana et au Mali à partir de la refonte majeure de leurs politiques macroéconomiques et agricoles.

Les conséquences défavorables de la protection des échanges agricoles et des subventions à l’agriculture mises en place dans la zone de l’OCDE sont en partie compensées par les régimes préférentiels et de l’aide au développement agricole qu’accordent les pays de l’OCDE aux trois pays étudiés. Le Cameroun profite ainsi très largement de l’accès préférentiel accordé par les pays de l’OCDE aux exportations en provenance de tous les pays de cette région. En revanche, la valeur estimée des préférences dont bénéficie le Ghana est sensiblement inférieure à celle du Cameroun, et celle du Mali encore moindre.

L’aide provenant de donneurs est la principale source de financement des investissements publics réalisés dans le secteur agricole des trois pays considérés. Depuis le début des années 90, les pays de l’OCDE ne cessent d’accroître le volume de l’aide qu’ils accordent au Ghana et au Mali dans le domaine de l’agriculture, qu’il s’agisse d’une aide bilatérale ou multilatérale. Dans le cas du Cameroun cependant, ce volume, déjà relativement faible, a marqué un recul. Cependant, même pour le Ghana et le Mali, les montants concernés sont généralement faibles rapportés au PIB agricole des trois pays. De 2001 à 2005, le montant total de l’aide apportée par les donneurs à l’agriculture représentait moins de 0.5 % du PIB agricole du Cameroun, un peu plus de 0.5 % de celui du Ghana et moins de 2 % de celui du Mali - pourcentages qui seraient encore plus faibles si les coûts administratifs et les pertes physiques étaient pris en compte.

Par ailleurs, la hausse de l’aide accordée ces dernières années a surtout servi à améliorer les fonctions gouvernementales dédiées à l’administration et l’élaboration de l’action publique plutôt qu’à renforcer les capacités productives ou optimiser le fonctionnement des marchés au sein du secteur lui-même.


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