Lutte contre le paludisme : cohabiter avec la médécine traditionnelle.

mercredi 19 septembre 2012
par  Yendilo fimba

LUTTE CONTRE LE PALUDISME : COHABITER AVEC LA MEDECINE TRADITIONNELLE

La médecine traditionnelle désigne des formes de médecine très hétérogène essentiellement caractérisées par :

-  L’utilisation de remèdes traditionnels à base de plantes et de substances naturelles ;
-  La présence d’une dimension surnaturelle, dans les causes de la maladie et les remèdes apportés ;
-  La transmission du savoir par la tradition orale.

Les populations recourent fréquemment aux tradipraticiens ou guérisseurs : on peut estimer que la moitié de la population les consulte plus ou moins régulièrement.

LES RAISONS DU RECOURS A LA MEDECINE TRADITIONNELLE

-  Les tradipraticiens, figure de l’organisation sociale : le médécin traditionnel joue depuis toujours un rôle aussi bien médical que social dans les communautés. Son autorité naturelle en fait un interlocuteur incontournable pour les populations.
-  L’ « enchevêtrement » de la maladie avec le surnaturel  : pour les populations, la maladie a souvent une cause « surnaturelle » qui s’ajoute aux causes « naturelles » : l’intervention du tradipraticien, parfois en complément de celle du médecin moderne, peut leur sembler indispensable pour obtenir la guérison totale.
-  L’éloignement des structures de santé  : dans les zones reculées, le médecin traditionnel est parfois la seule autorité médicale accessible pour les populations.

Remarque  : le prix des consultations ne suffisent à justifier ou expliquer le recours à la médecine traditionnelle, les prestations traditionnelles étant parfois plus chères que celles des structures de santé officielle.

LES DANGERS DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE SUR LA QUESTION DU PALUDISME

La médecine traditionnelle dispose de réelles compétences. De véritables succès ont pu être constatés par exemple infectiologie, en gynécologie, dans le traitement des troubles du comportement.

La médecine traditionnelle reste cependant extrêmement hétérogène :
-  Le sérieux et la compétence varient fortement d’un tradipraticien à l’autre.
-  Un même tradipraticien ayant des compétences avérées sur une pathologie donnée pourra être totalement incompétent dans le traitement d’une autre pathologie.
-  Le traitement du paludisme n’est pas un terrain où la médecine traditionnelle a montré des résultats. Si les traitements proposés permettent parfois de faire baisser la fièvre, les nombreuses études menées ont montré jusqu’à présent que les remèdes utilisés n’ont aucun effet sur le parasite.
-  La médecine traditionnelle constitue donc un danger réel en risquant de faire obstacle à la bonne prise en charge du paludisme et en donnant à tort le sentiment d’apporter des remèdes efficaces.
-  Pour le traitement des cas graves, qui constituent une urgence médicale, cet obstacle peut être fatal.

COHABITER POUR ÉVITER LES SITUATIONS FATALES CHEZ LES POPULATIONS A RISQUE

Compte tenu du rôle joué aujourd’hui par la médécine traditionnelle, le premier objectif est d’établir une cohabitation pour éviter les situations où le recours à la médecine traditionnelle pourrait être un obstacle fatal à une rapide prise en charge (en priorité, les paludismes grave chez les enfants).

Cette cohabitation passe par l’ouverture d’un dialogue avec les tradipraticiens et par la sensibilisation de la population. Il faut associer les médecins traditionnels à la distribution à base communautaire cadre propice de collaboration entre eux et les médecins modernes.


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