Intégrer le genre dans la planification de l’éducation au niveau local.

mardi 11 septembre 2012
par  Yendilo fimba

INTEGRER LE GENRE DANS LA PLANIFICATION DE L’EDUCATION AU NIVEAU LOCAL

INTRODUCTION

Depuis une dizaine d’année, la réduction des services publics, puis de leur privatisation ont entrainé le retrait massif de nombreuses filles à l’école. Le développement des écoles privées n’a pas permis d’absorber les effectifs grandissants. D’autre part, les ONG avec l’appui des bailleurs de fonds s’impliquent de plus en plus dans des programmes et projets éducatifs, dont certains sont axés sur le genre. Les institutions gouvernementales responsables de l’éducation ont du mal à contrôler la qualité des projets éducatifs de tous ces nouveaux acteurs/actrices. Souvent, la synergie entre les acteurs/trices est faible et limite la portée des actions qui pourraient être positives à l’égard des filles. Dans un contexte de décentralisation émergente dans les pays africains, la concertation entres acteurs/trices peut être un levier important.

ÉTAT DES LIEUX

Dans le processus de décentralisation, la prise en compte de l’égalité de genre concerne avant tout les plans éducatifs et les mécanismes de gestion des écoles. L’enjeu est de poursuivre et de renforcer les initiatives nationales en matière de genre au niveau local dans le domaine de l’éducation, par exemple, la scolarisation des filles et des garçons. Le processus de planification ne prend pas toujours en compte les données sociales.

En effet, les élu(es) locaux/les sont dans la majorité des cas des hommes avec un niveau moyen d’instruction et qui manquent de capacités techniques pour conduire une planification locale sensible au genre dans le domaine de l’éducation. En effet, cette planification se heurte à d’autres types de difficultés notamment la confusion des rôles entre le niveau central et la niveau local, le non transfert des ressources pour accompagner le transfert de compétences, le conflit de compétences entre les services techniques et les élu(e)s locaux/les, la planification verticale et celle dite horizontale avec les difficultés au niveau de la définition et du respect de la carte scolaire.

La création d’infrastructures scolaires prend le pas souvent sur les initiatives d’accompagnement de la scolarisation des filles et des garçons et sur des mesures permettant la prise en compte du genre dans les contenus et les approches pédagogiques. Par ailleurs, la participation des communautés de base, femmes et hommes, à la gestion de l’école n’est pas encore assez effective ni équitable.

Exemple de participation inégale des femmes et des hommes au Nigerr dans le processus de planification au niveau local.

Au Niger, au Ministère de l’Education Nationale, il y a peu de femmes. Elles sont cependant présentes surtout au niveau de la conception des politiques globales pas au niveau des structures que sont les Associations des Parents d’Élèves (APE), les Associations des Mères Éducatrices ( AME) , les Comités de Gestions (COGES) mais leur nombre varie et elles n’occupent pas des postes de décision dans ces structures. La plupart du temps ce sont les hommes qui décident ; l’influence des femmes étant limitée à cause de leur niveau d’instruction et de leur nombre réduit à ces postes.

Pour prendre en compte les besoins spécifiques de tout le monde, l’élaboration des programmes à moyens terme doit débuter au niveau de la communauté à la base, avant de remonter au niveau sous régional et régional ; le ministère centralisant tout le processus. Les décideurs sont des hommes quand bien même des efforts sont faits au niveau décentralisé pour impliquer les communautés à la base dont les femmes pour la plupart analphabètes. Les inspeteurs/trices insistent pour que les femmes soient présentes aux rencontres pour exprimer leurs points de vue et les faire prendre en compte.

QUE FAIRE ET COMMENT AGIR ?

Pour réussir cette implication il faut :

-  Favoriser dans le processus d’élaboration des plans éducatifs, la participation effective des femmes et des hommes suffisamment représentatifs, les associations de parents d’élèves, les associations de mères éducatrices, les organisations locales de la société civile afin de prendre en compte les contraintes et les opportunités liées à l’éducation des filles et des garçons.

-  Fixer des quotas de femmes au niveau du comité de gestion et de développement d’un module genre pour la prise en charge effective du genre dans les plans éducatifs. Le modèle de simulation régional et son processus continu de décentralisation aideront les élu(e)s locaux/les à disposer d’indicateurs suffisamment désagrégés sur la scolarisation des filles et des garçons afin de prendre des mesures correctives nécessaires.

-  Favoriser des plans éducatifs qui accordent une part égale au « dur » et au « solf », qui font des prévisions pour les activités d’accompagnement dans le cadre de l’éducation des filles e des garçons (inscription, rétention, réussite, redoublement, abandon des filles et des garçons) et qui élaborent des stratégies de mobilisation des ressources financières et humaines pour leur réalisation.

-  La formation en genre des agents locaux, femmes et hommes, provenant de la société civile et/ou des structures décentralisées de l’état est essentielle sur l’élaboration de la carte scolaire.

-  Les élu(e)s locaux doivent disposer d’indicateurs suffisamment désagrégés sur la scolarisation des filles et des garçons pour prendre des mesures correctives nécessaires.


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